Jeunes, endettés et propriétaires

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Les primo accédants franchissent de nouveaux pics.

Jeunes, endettés et propriétaires
Les primo accédants franchissent de nouveaux pics.

Selon une étude de l'Observatoire permanent sur le financement du logement (OFL), les nouveaux accédants à la propriété ont été plus nombreux en 2005, soit 6,9% de plus que l'année précédente avec 762.900 logements achetés, et plus jeunes que quinze ans plus tôt. Fait notable, depuis le milieu des années 90 les accédants à la propriété sont de plus en plus jeunes, ils ont 35 ans en moyenne en 2005 au lieu de 40 ans au début des années 2000.

Surfaces financières
Si le nombre de pièces reste le même, autour de quatre, la surface des biens immobiliers acquis rétrécit, passant de 103 m² en moyenne en 1992 à 92 m² en 2005. La part entre le neuf et l'ancien varie peu, autour de 30% pour le neuf et 70% pour l'ancien.

Primo accédants, secundo rajeunissants
Après "plusieurs années d'une croissance soutenue", le nombre de nouveaux accédants avait "faiblement progressé" en 2002 et 2003 (+1,4% en moyenne), mais le marché a "repris de la vigueur" en 2004, expliquent les auteurs Véronique Vaillant, directrice d'études à CSA, et l’emblématique Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris X-Nanterre.
La progression de 2005 fait suite à une augmentation des nouveaux accédants de 4,5% en 2004.
Entre 1992, "point bas de la conjoncture" avec le crack de l'immobilier, et 2005, "le nombre d'opérations d'accession a progressé de 78%, soit + 4,5% en moyenne chaque année".

Cette évolution "tient aux conditions d'emprunt" très avantageuses en raison de taux particulièrement bas. Quant aux ménages les plus modestes, qui avaient dû renoncer à leurs projets immobiliers en raison de la hausse des prix, ils ont "retrouvé le chemin de l'accession à la propriété avec les taux à prêt zéro (PTZ)". Au début des années 90, 32,5% des ménages avec des revenus à moins de deux Smic accédaient à la propriété tandis qu'ils étaient 22,2% dans la catégorie des quatre Smic et plus. En 2005, la tendance s'est inversée et ils n'étaient plus que 16,1% chez les plus modestes et 30,8% chez les plus aisés.

De fait, les prix ont littéralement explosé, passant d'une moyenne de 88.400 euros pour une opération en 1992 à 182.800 euros en 2005. Conséquence, la durée des emprunts s'est considérablement allongée, de 12,3 années en 1992 à 18,3 années en 2005.
Dans son analyse de l’indicateur Crédit Foncier-Essec du 1er semestre 2006, capital.fr affine cette tendance et souligne que « la durée moyenne des prêts contractés par les primo accédants n'en finit plus de grimper : elle s'établit désormais à 21 ans et 7 mois, contre 20 ans et 8 mois au 2ème semestre 2005 et 20 ans début 2005. Soit une augmentation moyenne de 19 mois par prêt en un an ! Dans le même temps, les mensualités augmentent : le taux d'effort (part du revenu consacrée au remboursement du crédit) grimpe encore, passant de 27,9 à 28,5%. »

A ce rythme là, le JEEP, Jeune Endetté Et Propriétaire, pourrait devenir un paradigme acronyme aussi célèbre que celui du 4x4 éponyme. Avec la même capacité de franchissement ?

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