La BCE rajoute la touche finale

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Perçue parfois comme « L’empêcheur d’emprunter rondement », la BCE ne freine toujours pas par ses hausses de taux l’enthousiasme des prêteurs et emprunteurs.

La BCE rajoute la touche finale
Perçue parfois comme « L’empêcheur d’emprunter rondement », la BCE ne freine toujours pas par ses hausses de taux l’enthousiasme des prêteurs et emprunteurs.

C’était prévu. Dans son calendrier de l’avent, la Banque Centrale Européenne (BCE) avait glissé dans la fenêtre du 7 décembre un taux à 3.50% à la place d’un chocolat 100% cacao.
En un an, le taux directeur de la BCE a été relevé 6 fois passant ainsi de 2.00% en décembre 2005 à 3.50% en décembre 2006.
Pour Jean-Claude Trichet, Président de la BCE, il s’agit de lutter contre l’inflation en zone euro. En effet, le prix du pétrole associé à la forte progression du crédit aux entreprises et à l’immobilier justifient selon lui ce nouveau tour de vis.

Combien çà coûte ?
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour l’emprunteur ? Empruntis a fait le calcul : dans le cadre d’un prêt à taux fixe d’un montant de 150 000 euros sur 15 ans en décembre 2005, le taux moyen était de 3,55% et l’emprunteur devait rembourser par mois 1 076 euros pour un coût total du crédit de 43 680 euros.
Pour le même prêt en décembre 2006 le taux est passé à 3.95%. L’emprunteur remboursera chaque mois 1 105 euros pour un coût total du crédit de 49 039 euros ; soit une différence par mois de seulement 29 euros.
Dans le cadre d’un prêt à taux variable à 3.15% d’un montant de 150 000 euros sur 15 ans, en décembre 2005, l’emprunteur devait rembourser par mois 1 046 euros ; pour le même prêt en 2006 à 3.60%, il devra débourser mensuellement 1 079 euros, soit une augmentation de 33 euros.

Commentaire de Geoffroy Bragadir, Directeur général (interview) « Il est intéressant de noter que l’écart entre les taux fixes et les taux variables ne cessent de se resserrer, puisque la différence pour une même durée se situe aux alentours de 0.30 point (…) Un écart qui semble à première vue insuffisant pour justifier le choix d’une solution à taux variable. Mais cette affirmation est à nuancer, car dans certains cas, le choix du taux variable permet à l’emprunteur d’augmenter sa capacité d’endettement, en prenant bien garde d’opter impérativement pour une solution sécurisée, dite capée.». Effectivement pour un achat où le remboursement est prévu sur le court terme (3 ou 4 ans au maximum), le variable peut encore montrer son intérêt.

La BCE impose, les banques disposent
C’est sûr, les banques ne se privent pas de répercuter ces hausses sur leurs taux, voire à les anticiper Mais uniquement sur les taux variables et les prêts à taux révisables, les taux fixes et à long terme étant eux durablement orientés à la baisse.
Dans sa dernière analyse des taux, Meilleurtaux.com souligne que le taux d'intérêt à 1 an, qui se situait à 2,75 % début janvier 2006, atteint 3,78 % au 5 décembre 2006. Cette hausse très importante de 1,03 point a un impact immédiat sur les prêts à taux révisable. Avec cet avertissement à la clé « Si vous choisissez un prêt à taux révisable, attention de choisir un prêt capé (limité à la hausse) car vous subirez les conséquences de ces augmentations. »

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