Immobilier locatif : l’activité des loyers à son plus bas niveau depuis 1998

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L’année 2013 a confirmé l’entrée en récession du marché locatif privé, et ce début 2014 n’a fait qu’affirmer sa dégradation. Selon les chiffres dévoilés par CLAMEUR, elle serait même descendue à son point le plus bas depuis 1998.


Pourtant, après avoir commencé l’année 2014 en n’affichant qu’une très faible progression, le rythme de hausse des loyers s’est accéléré durant le printemps : les loyers de marché ont cru de 1.1 % sur les cinq premiers mois de 2014, en glissement annuel, alors que dans le même temps la progression des prix à la consommation s’est établie à 0.7 %, d’après l’INSEE.

 


Cette progression se compare à celle qui s’observait en 2012 à la même époque. « La progression des loyers des « 3 pièces et plus » se fait au même rythme : alors que celle des « 2 pièces » est un peu moins rapide (+ 0.8 % contre 1.1 % en 2012) pendant que celle des « studios et 1 pièce » est plus rapide (+ 0.2 % contre - 0.6 % en 2012) » explique CLAMEUR.


Et si les évolutions sont plus rapides depuis le début de l’année qu’en 2013 la même époque (+ 1.1 % contre + 0.5 %), c’est en raison d’une progression plus soutenue observée pour tous les types de biens.


Le rebond du rythme de progression des loyers de marché qui se constate avec le retour du printemps est habituel : mais dans un contexte guère favorable à l’évolution des loyers, le différentiel que mesure CLAMEUR est néanmoins moindre en 2014 qu’il ne l’avait été en 2013 à la même époque (+ 0.9 point en 2014, contre 1.3 point).


En se limitant aux villes de plus de 100 000 habitants, nous pouvons constater un véritable contraste dans les évolutions du marché locatif privé :

Depuis le début de l’année 2014, les loyers baissent dans 30.8 % des villes et progressent moins que l’inflation dans 23.1 % des villes, alors qu’ils augmentent au-delà de l’inflation dans 46.1 % des villes. Lorsque les loyers baissent, c’est dans près de la moitié des cas pour la deuxième (voire la troisième) année consécutive : Amiens, Le Mans, Perpignan, Rennes ou Rouen. Et dans la quasi-totalité des villes où les loyers baissent, le marché locatif privé est en panne et la hausse des loyers constatée depuis 2006 reste inférieure à l’inflation.


Lorsque les loyers augmentent moins que l’inflation, comme à Boulogne-Billancourt, Bordeaux, Caen, Montreuil voire Nancy, c’est de moitié moins que l’inflation. Et souvent après une année 2013 de baisse ou de stagnation des loyers (Bordeaux, Caen ou Nancy). En outre, dans ces villes de plus de 100 000 habitants, la progression des loyers a fortement ralenti depuis 2007 : en général, le rythme de la hausse a été divisé par deux. Et pour 61.5 % d’entre elles, la hausse des loyers de marché a été au plus égale à l’inflation.


Dans le contexte d’une crise économique et sociale qui perdure, l’activité du marché locatif privé reste donc déprimée, et les évolutions des loyers qui se constatent s’en ressentent. En outre, depuis 2006 les loyers de marché augmentent moins vite que l’inflation : en moyenne chaque année, + 1.4 % pour une inflation estimée à 1.5 % par l’INSEE.


Source : Note de conjoncture du marché locatif privé à fin mai 2014 – CLAMEUR

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