Le rachat de crédit ou comment faire face au surendettement

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Alors que le dernier observatoire Crédit / Logement CSA confirme un niveau de taux de crédits immobiliers historiquement bas, de nombreux courtiers en crédit immobilier recommandent le rachat de crédit, une pratique destinée à alléger l’endettement d’un particulier ou d’un professionnel. Comment cela fonctionne-t-il ? Entretien avec Pascal Beuvelet, fondateur du réseau de courtage en crédit, In&Fi Crédit, figurant au top 5 des influenceurs du secteur immobilier en France, sur Twitter.

 


Directgestion : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le rachat de crédit et pourquoi vous préconisez cette pratique aujourd’hui ?

Pascal Beuvelet : « Pour commencer, il faut bien faire la différence entre rachat de crédit et renégociation. Dans le second cas, on cherche un taux plus faible, voire une baisse du nombre de mensualités, alors que dans le premier, il est donné l’occasion au surendetté de regrouper toutes ses dettes dans le but de souscrire à un seul et même crédit, qui englobera tous les autres, et qui sera donc d’une durée allongée, mais dont le remboursement deviendra plus accessible ».

 


DG : Mais alors quel est l’intérêt aujourd’hui de procéder à ce regroupement de crédit ?

PB : « L’intérêt est évident. Pour toute personne en déshérence financière, le courtier va réaliser un inventaire et évaluer à quel niveau le surendetté ne parvient pas à faire face à ses dépenses, par rapport à ses recettes mensuelles. On réalise ainsi un total des dettes, d’impôts, de loyer, de crédit immobilier et autres, pour établir un rapport avec ses revenus mensuels, pour finalement lui proposer un package, c'est-à-dire un seul crédit avec une seule mensualité. Ce nouveau crédit sera d’une durée allongée de façon à ce que la mensualité soit cohérente avec les capacités de remboursement. Avec cette technique financière, un endettement de 50 à 80 % des revenus peut ainsi passer à 30/33 %. L’emprunteur retrouve du pouvoir d’achat et peut mieux organiser son budget mensuel.»

 


DG : Selon vous il s’agit donc d’une situation plus stable, et ça se comprend, mais est-ce réellement accessible ? Y a-t-il un risque pour l’emprunteur ?

PB : « Effectivement, c’est une situation que tout courtier recommande. Elle limite le surendettement et permet de mieux faire face à la vie de tous les jours. Mais attention, il n’y a aucune magie là dedans et chaque dossier doit passer devant un conseiller bancaire. On estime à seulement 50 % le nombre de dossiers admis au regroupement de crédit. En revanche, il n’y a aucun risque pour l’emprunteur. Si son dossier est accepté, c’est tout bon pour lui. Dans le cas inverse, sa situation restera simplement la même. Au final, pour le particulier ou le professionnel surendetté, le rachat de crédit est toujours une bonne affaire. Les risques sont très limités et personne n’est forcé d’y accéder. Ainsi, lorsqu’un emprunteur fait appel à nous, il a une totale transparence sur le coût de l’opération, dont le montant de nos honoraires. En outre, nos obligations sécuritaires et prudentielles en matière de contrôle nous imposent de conserver nos préconisations sur un support durable. »

 


DG : Existe-t-il une cible privilégiée pour les établissements proposant ce service de regroupement de créances ?

PB : « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette situation ne concerne pas que les ménages les plus modestes, bien au contraire. À vrai dire, les catégories les plus concernées sont les fonctionnaires et les militaires qui, avec leur sécurité de l’emploi, ont tendance à s’endetter au-delà de la mesure. Viennent ensuite les professions libérales qui, pour d’autres raisons, cette fois plus professionnelles, se retrouvent bien souvent confrontées à des dettes très lourdes. »

 


DG : Quel est l’intérêt pour une banque ou un courtier de recommander le rachat de crédit ?

PB : « Aujourd’hui le marché du rachat de crédit représente 17 milliards d’euros en France. C’est une des raisons pour laquelle les courtiers commencent à beaucoup communiquer là-dessus. Mais tous n’ont pas véritablement les compétences pour cela. In&Fi Crédit est numéro un des courtiers généralistes nationaux en ce qui concerne le rachat de crédit. Le regroupement de crédits représente 25 % de notre chiffre d’affaires. Cette activité est en progression constante, hélas « boostée » par une situation économique difficile. En outre, il faut savoir que le rachat de crédit est traité par des établissements de crédit spécialisés dont l’offre est directement inaccessible par un emprunteur. Ces établissements utilisent exclusivement le canal courtiers pour leurs compétences de diagnostic et d’analyste. 90 % des dossiers que nous recevons nous sont envoyés par les agences bancaires ».

 


DG : Quelles sont vos préconisations à ce sujet ?

PB : « Je n’en ai que deux. Tout d’abord, il est essentiel de prendre une décision rapide. Le courtier est avant tout un avis et il ne faut pas attendre que la situation d’endettement empire. Ensuite, je recommande de dire la vérité, toute la vérité. Dans cette situation, le courtier c’est comme un curé, on doit tout lui confesser. »

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