Comment les banques peuvent financer l’économie

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Hypothèses financières sur les potentiels du mécanisme bancaire du crédit
D’un point de vue organique, une banque est une institution permettant de financer des investissements (prêts) à partir des dépôts des épargnants. Une relation de confiance existe entre l’épargnant et le banquier d’un part (sérieusement), et entre le banquier et l’emprunteur d’autre part (toujours aussi sérieusement). En simplifiant, l’épargnant accepte de déposer une somme d’argent, rémunérée ou non, sur des comptes à vue, mais il peut disposer à tout moment de son argent. Autrement dit, à chaque instant, la banque doit être en mesure de rendre en liquide le montant de ses dépôts à l’épargnant. Du côté de l’emprunteur, le banquier accepte de financer un projet d’investissement seulement s’il l’estime rentable à plus long terme, car il partage les réussites et les pertes de son client (sérieusement).
Le canal du crédit
Il repose sur une logique simple : le nombre de prêts accordés varie selon le niveau du taux d’intérêt qui est, en quelque sorte, le prix de la monnaie. Une baisse du taux d’intérêt permet aux banques d’accorder davantage de crédits, car l’achat de monnaie à la banque centrale devient moins onéreux. Toutefois, les banques ne répercutent pas toujours les variations des taux d’intérêt, que ce soit pour reconstituer leurs fonds propres, ou pour faire face aux asymétries d’informations, on parle alors de sélection adverse.
L’information asymétrique, c’est le fait que l'une des parties d'un contrat financier possède une information bien moins précise que l'autre. Par exemple, les emprunteurs qui demandent un crédit ont habituellement une information supérieure sur les rendements et risques potentiels associés au projet d'investissement qu'ils envisagent que les prêteurs.
La sélection adverse intervient avant que la transaction financière n'ait lieu, lorsque les risques de mauvais crédits potentiels sont ceux qui recherchent un crédit le plus activement. Par exemple, ceux qui souhaitent prendre de gros risques sont probablement plus à même de prendre un emprunt, même à des taux d'intérêt élevés, car ils se soucient moins de rembourser l'emprunt. Donc, le prêteur doit faire attention à ce que les parties qui sont les plus vraisemblablement à même de produire un résultat non souhaitable ou négatif sont en fait celles qui sont les plus susceptibles d'être sélectionnées comme emprunteurs. (…) Les prêteurs vont essayer de combattre le problème de l'asymétrie informationnelle en séparant les bons des mauvais risques de crédit. Mais ce processus est inévitablement imparfait, et la crainte de la sélection adverse va conduire les prêteurs à réduire la quantité de prêts qu'ils accorderaient autrement.
Le manque d’informations sur la qualité des projets  d’investissement force les banquiers à intégrer le risque de défaut dans le coût du crédit, par exemple en augmentant le taux d’intérêt, ce qui pénalise ainsi les prêts aux projets dont la probabilité de défaut est faible.
La multiplication de crédit
Le principe est le suivant : chaque prêt amène un dépôt dans la banque, qui peut alors garantir un emprunt, et ainsi de suite. Prenons un exemple simple : supposons que nous ayons une banque avec trois clients, Christine, Eric et Jean-Louis ; Christine a un compte crédité de 1 000 euros tandis qu’Eric et Jean-Louis souhaitent faire un emprunt sans intérêts versés. La banque peut à partir du dépôt de christine, prêter 1 000 euros à Eric ? Celui-ci se retrouve donc crédité de 1 000 euros sur son compte, ce qui permet à la banque d’utiliser ces 1 000 euros pour les prêter à Jean-Louis, et ainsi de suite…Le mécanisme du multiplicateur de crédit est donc le suivant : un dépôt permet d’accorder un prêt dont le dépôt dans la banque permet de financer un autre prêt, etc. La création monétaire est alors infinie.
La règle prudentielle
Pour être plus proche de la réalité, supposons (sérieusement) que la banque soit soumise à une règle prudentielle : elles doivent faire une « réserve » de sécurité égale à 20% du prêt.  Le dépôt de Christine permet alors d’accorder à Eric un prêt de 800 euros ; Le compte d’Eric est alors crédité de 800 euros, ce qui permet à la banque d’accorder à Jean-Louis un prêt de 640 euros (800 euros multiplié par 0.80). Cette banque est plus prudente, puisque la création monétaire diminue au fil du circuit.  Supposons maintenant que Jean-Louis et Eric fassent faillite. La banque se retrouve alors avec un passif de 1 440 euros (800 plus 640 euros) alors que le dépôt initial, qui lui permettait d’accorder des emprunts, était de 1 000 euros. On comprend mieux comment des faillites en chaîne peuvent assécher la liquidité des banques : la banque serait même incapable de rendre à Christine ses 1 000 euros. Vous pensez subprimes, comme c’est bizarre ?
Cet exemple permet de comprendre l’importance des banques dans le financement de l’économie : elles financent des investissements de long terme à partir de dépôts pouvant être retirés à tout moment. On est finalement très proche de la logique des marches…
Bibliographie : Reprise ou Re-crise – de Thomas Porcher et Halim Madi – Editions Respublica –- 16.90€. www.multmed-publishing.com
Mishkin, (1999), Global financial instability: framework, events, issues,

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