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Un quart des parisiens arrivés à l’âge de la retraite quittent la capitale
72.4% des plus de 60 ans sont propriétaires de leur logement, qu’ils ont terminé de financer dans neuf cas sur dix. Mais qu’ils soient propriétaires ou non, de plus en plus de retraités choisissent de vieillir ailleurs. C’est l’un des thèmes que développe l’économiste Laurent Davezies dans son ouvrage  « La République des et ses territoires », pour démontrer l’importance de l’économie résidentielle dans le développement territorial.
Un quart des parisiens arrivés à l’âge de la retraite quittent la capitale
Il s’agit en fait du revers de l’effet d’attraction qu’’exerce la région parisienne sur les actifs. A l’inverse, un certain nombre de régions attirent les retraités, qu’ils soient français ou européens. Britanniques, néerlandais ou danois affectionnent le Périgord, le Larzac ou les petits villages drômois.  Un provincial sur huit part vivre ailleurs. Pour les plus aisés, le choix peut se porter sur la résidence secondaire, ou la multirésidence. Dans le cas des personnes d’origine étrangère, le montant de la retraite et les conditions qui assurent sa perception vont influencer le choix de s’établir ici ou là -bas, ou encore faire la navette entre les deux pays. Pour beaucoup, le lieu de résidence des enfants et petits-enfants est un critère important.
La France compte plus de 963 000 retraités et préretraités immigrés
L’héliotropisme pousse nombre de ces retraités  vers les rivages de la Méditerranée et la côte ouest ? Dans les Pyrénées-Orientales, le Lot ou le Var, les pensions représentent 34% du revenu déclaré à l’administration fiscale, contre 23.5% en moyenne en France. Ces retraites viennent rééquilibrer le revenu dans les régions où le PIB par habitant est le plus faible. La présence de retraités constitue également un apport non négligeable pour l’activité locale : c’est l’effet multiplicateur induit par le secteur domestique. Cette économie de la consommation, non délocalisable, contribue largement à la réduction des inégalités et à la lutte contre la pauvreté. Dans tous les cas, que les retraités soient installés de fraîche date ou non, leur influence sur l’économie locale est bien réelle. Une étude américaine réalisée par des chercheurs de l’université du Wisconsin montre que l’arrivée d’un retraité engendre 0.2 à 0.7 emplois selon son niveau de revenu. Que ce soit pour leur consommation courante, l’entretien de leur logement, leurs loisirs, les retraités génèrent de l’activité.
Au grand âge, si la dépendance survient, la situation nécessite aussi de faire appel aux professionnels du secteur médico-social et aux services à la personne. La phase II du plan Borloo pour le développement des services à la personne évalue à 100 000 emplois pas an les besoins dans ce secteur (aide à domicile, aux jeunes enfants et aux personnes dépendantes).
La mobilité résidentielle ne concerne toutefois qu’une partie minoritaire des personnes âgées
En, France, les plus de 60 ans habitent leur logement en moyenne depuis 25 ans (étude Share). Les résultats à l’échelle européenne montrent que la mobilité des seniors est plus forte en Suède, au Danemark et aux Pays-Bas. A l’inverse, c’est en Pologne, Autriche et république Tchèque, que les personnes âgées sont les moins mobiles.
En général, les personnes âgées vieillissent donc dans, et avec, leur résidence principale, une maison pour environ 65% des Français de plus de 50 ans. Ce qui permet, dans certains cas, de conserver une vie de quartier, à condition que les commerces et services n’aient pas fermé leurs portes. Pour les toujours plus nombreux habitants des zones périurbaines ou des territoires rurbanisés, c’est un autre problème. Leur autonomie est fortement déterminée par la possession d’une voiture…et la capacité à conduire.
Le revers de la médaille
Si le potentiel de revenu généré par les retraités peut créer de l’acticité et de l’emploi, il peut aussi se retourner contre les autres catégories de population. Dans certaines communes, les centres-villes ou les quartiers résidentiels, prisés par les retraités aisés, deviennent inaccessibles  pour les familles ou les jeunes actifs. La présence trop massive de population âgée dans certains quartiers peut aussi contrarier certains projets ou aménagements collectifs, afin de ne pas troubler la tranquillité des lieux. Sans aller jusqu’au scénario d’une concurrence des populations, il faut tenir compte de ce risque afin de prévenir l’éviction d’une partie de la population. Tout miser sur le grey power (pouvoir économique et social des personnes âgées) pour alimenter l’économie résidentielle serait une erreur de stratégie, avec le risque de bloquer tout autre mode de développement.
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