« L'harmonie règne beaucoup plus qu'on ne le pense entre professionnels et consommateurs dans nos secteurs d'activité.»
Comment vos gestionnaires adhérents accueillent-ils le nouveau Pass-GRL ? Votre crainte d’une déresponsabilisation des locataires est réelle ?
L'installation de la GRL, puis de la nouvelle GRL, laissent beaucoup de nos adhérents perplexes. L'idée de base est généreuse en ce que l'objectif visé est de permettre au plus grand nombre d'être logés. La GRL en effet, contrairement à l'EX-GLI, doit permettre à des candidats à la location dont les revenus sont à peine du double du loyer de voir leur dossier retenu, sans limite de délai. Dés lors, deux questions fondamentales se posent. Tout d’abord, avec des revenus aussi modestes, le locataire pourra-t-il assumer le coût de la location à long terme ? Il est probable que non et que par conséquent le recours à l'assurance sera quasi systématique. On assisterait ainsi à une solvabilisation artificielle du locataire, à long terme, alors que le rôle d'une assurance est de palier à une situation accidentelle ou momentanée. Ensuite, si la GRL doit se substituer durablement à un locataire dont les moyens financiers sont insuffisants, l'équilibre du dispositif ne peut être assuré et des apports de fonds réguliers seront nécessaires de la part d'Action-Logement (ex 1%). Jusqu'à quand ? Les ressources de cet organisme ne seront pas éternelles. Il est donc à craindre que cette situation, outre la déresponsabilisation de locataires qui s'en remettront à la GRL, ne crée un "gouffre" qui n'ira qu'en s'amplifiant avec les années.
L’UNIS prend très à cœur les enjeux environnementaux en cours. Mais si la nécessité d’un engagement national pour le développement durable est si évident, pourquoi le motiver par un concours ?
Le concours UNIS 21 que nous avons lancé est un moyen de sensibiliser les copropriétés à une notion de développement durable, qui bien qu'évidente, n'est pas toujours bien comprise en pratique. Les copropriétaires pensent souvent que de nouveaux investissement vont entraîner de nouveaux appels de fonds qui s'ajouteront aux efforts qu'ils ont du déjà accepter pour les travaux de sécurité (ascenseurs) ou de santé (diagnostics amiante, plomb, électricité, gaz,…). Unis 21 va nous permettre d'expliquer en assemblée générale, que les investissements, quand il y en a, permettront d'engendrer des économies d’énergie et donc de charges. Nous pourrons aussi attirer l'attention des copropriétaires sur les économies d'eau ou le traitement des déchets. Ce concours a donc un double rôle d'explication et d'émulation.
L’université de la copropriété n’est-elle pas, aussi, une « contre-mesure » stratégique à l’arsenal de formations de la FNAIM ?
Il ne s'agit pas pour nous de nous positionner à l'égard de tel ou tel syndicat. Il s'agit simplement de mettre gratuitement à la disposition des copropriétaires, des informations, de la formation, accessibles à tous. Ces formations seront assurées, soit de façon traditionnelle, en salles, soit via Internet pour ceux qui ne peuvent se déplacer compte tenu de leurs obligations professionnelles ou de leur éloignement. Le contenu a été approuvé au préalable par un Comité scientifique présidé par le Haut-Conseiller Pierre Capoulade. Cette initiative vise à permettre aux copropriétaires de mieux comprendre le fonctionnement de la copropriété, car "mieux comprendre permet de mieux s'entendre".
En 2009, la CNAB, le CSAB et l’UNIT se sont unis sous la bannière unique de l’UNIS.
Les bénéfices de cette alliance se font-ils déjà sentir ? Quels sont-ils ?
La volonté de simplification du paysage syndical qui se manifeste à travers cette union est saluée par tous nos partenaires naturels que sont les politiques ou les medias, mais surtout par nos clients. Les deux ministres présents lors de notre récent congrès, Messieurs Benoist Apparu et Hervé Novelli nous l'ont confirmé. Il s'agit pour nous de défendre les intérêts de nos clients et les nôtres en même temps. Il n'y a pas là contradiction comme certains veulent le faire croire. En montrant notre capacité, notre force à exprimer ce que nous pensons bon pour les propriétaires, les copropriétaires ou les locataires, en luttant pour défendre les dispositions législatives qui vont dans le bon sens, en nous battant contre les autres, nous défendons aussi nos adhérents. C'est peut-être une litote, mais plus nous serons UNIS, plus nous serons efficaces dans ces combats.
Pensez-vous que l’harmonie puisse un jour régner entre les professionnels que vous représentez, les associations de consommateurs et le Conseil National de la Consommation qui tente d’arbitrer le tout ?
L'harmonie règne déjà beaucoup plus qu'on ne le pense entre professionnels et consommateurs dans nos secteurs d'activité. Les convergences d'intérêt sont bien plus nombreuses que les divergences. Beaucoup d'associations ont compris que nos métiers sont difficiles et que vouloir faire supporter par le professionnel toute la responsabilité des problèmes de la copropriété ou du Logement en général n'est pas constructif. Les campagnes de dénigrement orchestrées par certains ne sont pas toujours comprises par la grande majorité de nos clients. UNIS est toujours prête pour débattre et échanger, sauf avec ceux qui ne respectent pas les règles élémentaires de courtoisie.
www.unis-immo.fr
Propos recueillis par Gilles Arnoux
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