Parabole sur le risque et la responsabilité en mode footballistique
"Le risque et la responsabilité sont, dans la plupart des cas, des analyses, dans les esprits, séparés.
En fait, ils constituent un ensemble qu’il est toujours dangereux de dissocier.
Le risque est l’acceptation de l’éventualité de la perte, du dommage, du manque, de la souffrance.
La responsabilité n’est pas, comme certains s’évertuent à le faire croire, la reconnaissance de la faute, ni même l’acceptation de la condamnation, la perte de privilèges, d’avantage, ou même de droits ou de liberté, c’est l’obligation d’assumer les conséquences de ses actes, de réparer des dommages causés à autrui, de supporter ce dont on est l’auteur ou l’acteur.
En fait, personne n’agit de façon responsable, personne ne le souhaite vraiment, tout le monde croit que la responsabilité déterminerait  l‘abandon de la liberté.
La vérité est à l’inverse et si personne n’en est conscient, c’est que le problème est mal posé. Qu’il est également considéré à l’envers.
C’est en sachant, avant de les accomplir, que l’on aura à assumer les conséquences de ses actes, que l’on peut étudier, connaître, mesurer les risques et agir en connaissance de cause.
Il s’agit d’un choix de conscience. Bien que l’élément moral soit constitutif et reste sous jacent, ce dont il s’agit c’est de se rendre compte, de prendre en considération les conséquences de ses actes. D’agir, dès le départ, en connaissance de cause, pour ne pas avoir à subir.
La responsabilité par l’inconscience de la prise de risque
A titre d’exemple, un footballeur cherche au cours de la partie, à taper dans le ballon, soit pour l’envoyer dans le but adverse (NDR: sauf exception française bien évidemment) , directement ou par l’intermédiaire d’un de ses coéquipiers, soit à protéger son propre but de la même éventualité. Il peut être attentif, conscient des risques, ne pas commettre de faute, causer de dommage. Il peut également, dans le feu de l’action, donner un coup de pied à un adversaire, le blesser, parfois de façon irréversible, en abîmant un genou qu’il ne sera pas possible de réparer. Pourquoi va-t-il prendre un tel risque ? Simplement parce qu’il n’est pas attentif à sa responsabilité mais que la victoire de son équipe est sa priorité absolue. Si, à l’avance, il avait été informé qu’en occasionnant une telle blessure, il serait tenu d’assister sa victime dans tous les actes de la vie qu’elle ne pourrait plus accomplir seule et lui verser le complément de revenu nécessaire à la préservation de son train de vie et celui de sa famille, il aurait fait beaucoup plus attention. En suivant le même raisonnement, la plupart des accidents automobiles, des sinistres et des dommages relevant de comportements, de relations humaines, pourraient être évités.
Le comportement déterminant de la crise est une irresponsabilité volontaire et organisée qui concerne l’ensemble de nos sociétés. Ne serait-il pas temps pour chacun d’essayer de prendre son destin en main ? De s’occuper de ses finances et de ne plus compter sur les « spécialistes » au vu de ce qu’ils ont réussi ?"
Bibliographie :Extraits du chapitre IX "Le risque et la responsabilité", Crise financière ou de société ? ,Marc-Albert Chaigneau, Editions Bénévent, 2009.
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