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Ca « rilance » pas mal à Paris

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Conséquence de la rareté de l’offre bureaux neuve ou restructurée, la période d’ajustement à la baisse des loyers faciaux haut de gamme est bel et bien terminée.

La « rilance » (rigueur-relance) est le néologisme forgé par Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des Finances, pour signifier la politique économique française.
Cet oxymore, qui tente de marier la rigueur et son contraire, ou ce qui apparaît comme tel, à savoir la relance, traduit bien l’ambigüité de la période et les interrogations auxquelles nous faisons face.

Alors que la croissance apparaît de plus en plus anémique, assortie d’un chômage élevé et de fortes tensions sociales, deux risques supplémentaires viennent assombrir l’horizon et préoccuper les esprits : la défaillance d’une banque et le défaut d’un Etat. Cette dernière crainte a provoqué, au printemps, un vent de panique sur les marchés financiers avec la crise de la dette souveraine grecque et plus largement, les doutes sur les autres PIGS (Portugal, Italie, Grèce et Espagne) qui n’ont d’ailleurs pas épargné des pays tels que la France ou le Royaume-Uni.

Les premiers maux (faible croissance, chômage et mécontentement social) sont connus et ont été anticipés rapidement. Ils ont appelé des mesures de relance d’inspiration keynésienne un peu partout en Europe ou aux Etats-Unis, qui ont produit leurs effets avant de s’essouffler au cours des derniers mois.

Les seconds maux sont, par contre, nouveaux et apparaissent d’autant plus inquiétants. Ils ont conduit un nombre croissants de pays à adopter de sévères plans d’austérité, en Espagne, en Allemagne ou au Royaume-Uni, par exemple. Jugés indispensables au rétablissement de la confiance sur les marchés financiers – préalable à la création d’un environnement propice à la croissance –, ces plans ont l'inconvénient de se traduire, au moins à court terme, par des destructions d’emplois, une contraction du pouvoir d’achat des particuliers et une baisse des carnets de commande aux entreprises. Autant d’effets contraires aux objectifs préalablement poursuivis par les mesures de relance, alors que l’économie peine à retrouver le chemin de la croissance. Certains experts s’alarment de ces mesures indispensables mais qui seraient prises au mauvais moment. D’autres estiment qu’il sera nécessaire de les équilibrer par une politique monétaire souple au niveau de la zone euro, voire par un relai keynésien au niveau de l’Union européenne, qui prendrait la suite d’Etats épuisés. A tout le moins, le dosage sera délicat pour ne pas replonger les économies dans la récession.

Il s’agit là de la principale hypothèque qui pèse sur une reprise vigoureuse du marché locatif de bureaux. Elle exclut en tous cas de retrouver à court terme une absorption nette clairement positive. Tout au plus, peut-on espérer la poursuite du rebond de l’activité transactionnelle, tirée par les besoins des entreprises confrontées à l’obsolescence de leur parc immobilier et par leur volonté de profiter de conditions de marché favorables. Avec plus de 1 million de m² de bureaux commercialisés en 6 mois, le 1er semestre 2010 vient étayer cette hypothèse. Au total, la consommation de bureaux pour l’année 2010 devrait légèrement dépasser la barre des 2 millions de m² en Ile-de-France. Des résultats meilleurs que ceux de 2009 et qui feraient de l’année en cours un cru moyen, semblable à celui de 2004.

Cette reprise de l’activité transactionnelle favoriserait la stabilisation de l’offre disponible. D’autant que la baisse drastique de l’activité de construction et de restructuration viendra à l’appui de cette tendance. Alors que près de 1,3 million de m² de bureaux ont été livrés en Ile-de-France en 2009, moins de 730.000 m² sont attendus en 2010 (dont seulement 355.000m² disponibles). Et 2011 devrait présenter une physionomie assez proche. Le taux de vacance resterait donc autour des niveaux actuels, à savoir 7 % pour l’ensemble de la région parisienne. Un taux faible par rapport à la plupart des métropoles européennes, avec une carence de plus en plus criante en offre neuve ou restructurée. Les entreprises utilisatrices à la recherche de solutions immobilières risquent d’être contraintes de se positionner très en amont sur des immeubles à construire, à l’image de Thalès Communications qui vient de s’engager sur les 87.500 m² d’un ensemble livrable à Gennevilliers en
2012.

Conséquence de la rareté de l’offre neuve ou restructurée, la période d’ajustement à la baisse des loyers faciaux haut de gamme est bel et bien terminée. Des tensions à la hausse devraient au contraire prendre corps dans un avenir proche - tensions plus ou moins fortes en fonction du manque sur les différents secteurs géographiques. Une valeur de 800 € se dessine ainsi comme horizon sur le
QCA de Paris ou sur certains immeubles emblématiques de la Rive Gauche. Ces tensions à la hausse n’ont par contre aucune raison de déteindre sur les épaves énergétiques, ni même sur les immeubles de seconde main, confrontés à une concurrence toujours vive.

Source : étude Knight Frank, « Les marchés de l’immobilier d’entreprise en Ile-de-France à la mi-2010 » juillet 2010.

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