Deuxième des trois études de l’IEIF sur sa vision du marché du logement.
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Publiée en avril dernier l’étude intitulée « Le logement sous tension » portait un regard global sur les besoins réels et les dysfonctionnements du secteur.
Début août est parue une deuxième étude intitulée « Logement : réhabiliter la notion de besoins », réalisée par Gilbert Emont et Nathalie Droulez tente de définir la notion de besoins en se plaçant au plus près de la réalité, c'est-à -dire au niveau régional. L’étude projette l’analyse de la demande de logements à l’horizon 2015 et quatre scénarios élaborés démontrent que dans six régions françaises, l’état d’urgence est désormais atteint.
Une troisième étude sera publiée mi septembre « Derrière les moyennes, la crise ».
Logement : réhabiliter la notion de besoins
L’immobilier est généralement vu sous l’angle du marché, c’est-à -dire du lieu où se confrontent offre et demande solvable. Cette approche a son utilité, mais suffit-elle à appréhender la question du logement ? En effet, si l’on raisonne en termes de besoins – et non plus de marché – le problème prend une tout autre ampleur. Pour cela, l’étude tente de définir la notion de besoins, puis de se placer au plus près de la réalité, c’est-à -dire au moins au niveau régional.
La notion même de « besoins » est peu en vogue dans les milieux économiques : non seulement elle n’est pas jugée très scientifique, ni bien définie mathématiquement, mais elle est aussi un peu dépassée. Elle rappelle la période de l’après-guerre et des plans quinquennaux, où l’on avait une approche très normative, voire volontariste. La politique du logement reposait sur des objectifs chiffrés de production et de qualité : il fallait donner à tous un logement doté des éléments de confort jugés indispensables en cette seconde partie du XXe siècle. Il faut dire que le dynamisme démographique d’alors rendait encore plus insupportable le retard pris par la France en ce domaine.
Toutefois, les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur des espérances. D’un point de vue purement quantitatif, cette politique de construction a été très audacieuse. Mais la qualité a laissé parfois à désirer, surtout si on la juge à l’aune de critères plus récents (localisation, isolation sonore, performances thermiques, etc.). Dans les années 1970 et 1980, cette notion de besoins s’est trouvée quelque peu dépréciée et a dû laisser la place à celle de demande solvable ; il s’agissait d’évaluer, marché par marché, les perspectives de production ainsi que les possibilités d’offrir une accession à la propriété au plus grand nombre ou un logement social à ceux pour qui cela constituait la solution, temporaire ou définitive.
Dès lors, le rythme de construction a ralenti, dans un pays pourtant toujours en croissance démographique. L’évolution du résultat commercial des promoteurs et constructeurs de maisons individuelles et celle du fichier local de demandes d’HLM sont devenues la mesure de l’adéquation aux besoins. Et parler d’un besoin de logements neufs de 500 000, 600 000 ou 700 000 logements par an ne fait pas avancer la réflexion car la prévision apparaît trop globale, et donc peu significative, face à des réalités telles que le foncier disponible, le niveau de l’incitation financière et fiscale à investir dans la pierre, etc.
Aujourd’hui, on peine à construire plus de 350 000 logements par an, avec toujours le risque d’une chute des transactions au détour d’une crise économique ou financière. Dans le même temps, nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à ne plus avoir accès au logement. Ne serait-il pas nécessaire de faire le point, de s’interroger vraiment sur le bon niveau d’analyse, permettant de redéfinir et recalculer nos besoins ?
Un état d’urgence localisé
Alors que les marchés immobiliers viennent d’accuser un retrait brutal et que la cohorte des laissés-pour-compte paraît se renforcer, il est urgent de revisiter la notion de besoins.
Il est impératif toutefois d’intervenir au bon niveau. Les analyses macroéconomiques menées à l’échelle nationale peuvent s’avérer trompeuses. Plus que l’évolution démographique globale ou l’immigration étrangère, le plus ou moins grand pouvoir d’attraction de chaque région détermine des mouvements qui donnent à chaque marché un caractère spécifique.
La demande apparente qui résulte de l’évolution du nombre des ménages n’est pas seule à devoir être prise en compte. Il faut analyser l’état du stock de logements dans chaque région et sa capacité à répondre à la demande potentielle.
Sur ce point, il paraît important que les méthodes d’analyse du marché et de calcul de chaque paramètre fassent l’objet de nouveaux travaux menés avec les professionnels concernés. Les sujets à approfondir ne manquent pas : niveau de vacance des logements nécessaire à la fluidité du marché, relations entre le parc de résidences secondaires et celui de résidences principales, durée de vie du parc existant, impact des nouvelles exigences environnementales et risque d’une obsolescence accélérée de certains logements, etc.
Toutefois, sans attendre les éclairages apportés par de nouveaux outils d’analyse, il apparaît clairement qu’au rythme actuel de construction on a peu de chances de donner une réponse satisfaisante aux problèmes de notre temps, qu’ils soient quantitatifs ou qualitatifs.
S’il en est encore besoin, l’étude rappelle que la construction de 100 000 logements de plus par an ne sera pas une réponse appropriée si ces logements ne sont pas localisés à plus de 70 % dans six régions seulement : Île-de-France majoritairement, Paca, Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. C’est là qu’il faut agir prioritairement parce que c’est là que sont les besoins.
Si vous souhaitez avoir accès à l’intégralité de l’étude, réservée aux adhérents de l’IEIF, nous vous invitons à prendre contact directement avec Hélène Bédon-Rouanet sur www.ieif.fr.

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