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Les loyers de marché en hausse dans le désordre

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Tendance nationale toujours à la hausse avec de fortes disparités régionales note l’observatoire Clameur.

L’année 2010 avait commencé avec des loyers en progression de 0.6 % sur un an. Elle a alors bénéficié d’une reprise saisonnière en demi-teinte : alors que la mobilité résidentielle n’a guère décollé durant les mois d’été et que la vacance locative s’allonge, les loyers de marché se sont inscrits sur un rythme de croissance annuel de 1.4 %.
C’est une évolution remarquable, après une année 2009 particulièrement mauvaise, à cet égard. Mais compte tenu des incertitudes du marché, la part des logements reloués après travaux progresse encore : elle s’établit maintenant à 37.4 %, à un niveau jamais observé par le passé. Afin de réaliser leurs mises en location dans de bonnes conditions et d’éviter une vacance locative longue et coûteuse, les bailleurs effectuent des travaux … dès lors qu’ils en ont la possibilité.

Même si la situation paraît meilleure qu’à l’été 2009, les loyers de marché baissent encore depuis le début d’année 2010 dans 34.7 % des villes (contre pour 50.4 % des villes en 2009, à la même époque). A cet égard, le marché n’a pas encore retrouvé le dynamisme constaté par le passé, même durant l’été 2008 :
- la baisse est de moins de 1 % pour 9.6 % des villes (14.7 % des villes en 2009 à la même époque) : Reims (- 0.2 %), Lons le Saulnier (- 0.3 %), Avignon (- 0.4 %), Nantes (- 0.5 %), Strasbourg (- 0.8 %) … ;
- elle est de 1 à 2.5 % pour 11.9 % des villes (19.0 % des villes en 2009 à la même époque) : Poitiers (- 1.1 %), Toulouse (- 1.3 %), La Rochelle (- 1.5 %), Grenoble et Montbéliard (- 2.0 %) … ;
- elle est de 2.5 à 5 % pour 9.4 % des villes (9.9 % des villes en 2009 à la même époque) : Roanne (- 2.5 %), Epinal (- 2.9 %), Périgueux et Mulhouse (- 3.3 %), Nevers (- 3.4 %), … ;
- elle est de 5 % et plus pour 3.8 % des villes (6.8 % des villes en 2009 à la même époque) : Saint Malo (- 5.4 %), Auch (- 5.9 %), Trappes (- 6.1 %), Vénissieux (- 6.4 %), Montluçon (- 6.9 %), …

Mais pour 65.3 % des villes, les loyers continuent d’augmenter (contre pour 49.6 % des villes en 2009, à la même époque) :
- la hausse est de moins de 1 % pour 11.4 % des villes (14.2 % des villes en 2009 à la même époque) : Amiens et Nancy (+ 0.0 %), Angers (+ 0.3 %), Besançon (+ 0.8 %), Lille (+ 0.9 %) … ;
- elle est de 1 à 2.5 % pour 17.6 % des villes (13.7 % des villes en 2009 à la même époque) : Rouen (+ 1.1 %), Rennes (+ 1.2 %), Lyon (+ 1.3 %), Marseille (+ 1.8 %), Paris (+ 2.1 %) … ;
- elle est de 2.5 à 5 % pour 20.4 % des villes (12.2 % des villes en 2009 à la même époque) : Aix en Provence (+ 2.6 %), Brest (+ 2.8 %), Clermont Ferrand (+ 3.2 %), Belfort (+ 3.4 %), Annecy (+ 3.8 %) … ;
- elle est de 5 % et plus pour 15.9 % des villes (9.5 % des villes en 2009 à la même époque) : Antibes (+ 5.1 %), Biarritz (+ 5.8 %), Colmar (+ 6.3 %), Lannion (+ 5.4 %), Rueil-Malmaison (+ 5.6 %), …

Si on se limite aux villes de plus de 60 000 habitants, les loyers baissent depuis le début de l’année 2010 dans 36.4 % d’entre elles (en 2009 à la même époque, cette proportion était de 64.6 %) : ces villes qui représentent à elles seules 11.3 % du marché locatif privé (5.7 % de la population) comptent de grandes métropoles régionales telles Amiens, Grenoble, Le Havre, Le Mans, Metz, Mulhouse, Nancy, Nantes, Poitiers, Reims, Strasbourg ou Toulouse. Les loyers continuent néanmoins à progresser dans 63.6 % des villes de plus de 60 000 habitants (contre 35.4 % en 2009 à la même époque) : ces villes représentent 24.8 % du marché locatif privé (14.3 % de la population) et comptent Besançon, Caen, Colmar, Limoges, Lyon, Marseille, Montpellier, Paris, Pau, Rennes, Rouen ou Tours.

C’est dans ce contexte que l’année 2010 a débuté et se déroule maintenant
La mobilité résidentielle qui s’était légèrement redressée en début d’année pour retrouver le niveau qui était le sien en 2009 à la même époque n’a pas décollé durant les mois d’été. Comme chaque année à la même époque, le marché locatif privé a donc fait preuve d’un peu plus de dynamisme que durant les mois d’hiver : mais il ne semble pas qu’il s’agisse déjà de la sortie d’une récession qui le paralyse depuis plus de deux années.
Le redémarrage de l’activité reste encore trop incertain, loin de la reprise franche et massive que beaucoup attendaient : il faudra attendre 2011, pour que le relèvement de l’activité ne laisse plus subsister de doute quant à la sortie de la récession.
Tout au plus peut-on parler d’embellie ou de rebond conjoncturel, et au mieux d’entrée en convalescence : si le marché a en effet repris un peu de couleurs avec l’arrivée du printemps, il est resté terne, à l’image du moral des ménages. Ainsi, la vacance locative s’allonge à nouveau, en progression de 6.1 % sur un an (et donc, de 13.7 % depuis 2008) : elle dépasse ainsi nettement le pic constaté en 2001.
Le marché reste donc inquiet, hésitant et les signaux conjoncturels qu’il délivre font souffler le chaud et le froid.

 

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