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Maroc : une réglementation parasismique évolutive

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En 2004, le séisme d’Al Hoceima a montré que, en milieu urbain, seules les constructions n’ayant pas respecté les normes n’ont pas résisté aux secousses.

À l’échelle internationale, les séismes font partie de la problématique générale des catastrophes naturelles les plus graves. Elles voient leur fréquence et leur intensité s’accroître avec le changement climatique. Afin de prévenir les conséquences majeures des séismes sur les espaces urbains et les populations, le Maroc a mis en place une réglementation parasismique évolutive.

L’impact des séismes sur les constructions

Les dégâts liés aux séismes affectant le secteur de la construction dépassent 50 % des pertes totales. La sismicité au Maroc est considérée comme «modérée à faible», malgré des séismes très destructeurs, comme celui d’Agadir en 1960, de magnitude 5,8. Il a causé plus de 12000 morts et détruit 70 % des constructions, causant 290 millions de dollars de dégâts.
Plus récemment, le séisme d’Al Hoceima, survenu en février 2004, a montré qu’en milieu urbain, seules les constructions non réalisées suivant les règles de l’art n’ont pas résisté aux secousses. La médiocrité et la fragilité des constructions traditionnelles en milieu rural ont engendré d’énormes pertes humaines et matérielles. Les dégâts ont été très lourds en termes de coûts de reconstruction pour la province d’Al Hoceima.

La réglementation parasismique : un précieux moyen de prévention ?

On ne peut pas éviter l’exposition au risque de séisme, mais on doit essayer de l’anticiper et de s’y préparer. Ainsi, à chaque tremblement de terre, la réglementation parasismique est enrichie et modifiée. Cette dernière, basée sur le génie parasismique, permet d’évaluer les forces sismiques latérales à prendre en compte dans le dimensionnement des bâtiments.
Au Maroc, cette réglementation n’a pris naissance qu’après 1960 : le premier règlement parasismique (RPS), qui couvrait uniquement la région d’Agadir, s’intitulait « normes Agadir 1960 ». Depuis, plusieurs projets de RPS couvrant le territoire national ont été rédigés, mais n’ont pu être approuvés pour des raisons techniques ou réglementaires.
En 2000, le projet de règlement RPS 2000 applicable aux bâtiments a été commandé par le département de l’Habitat. Négocié avec les experts nationaux et internationaux, il a été présenté à la communauté scientifique et technique nationale, ainsi qu’aux professionnels de la construction et de l’habitat. En 2002, le RPS 2000 instituant le Comité national du génie parasismique (CNGP) a été rendu obligatoire par le décret n° 2-02-177 du 9 hija 1422 (22 février 2002). Ce document fixe les règles de calcul et de dimensionnement des structures pour renforcer la tenue des bâtiments aux secousses sismiques. Il édicte également des dispositions techniques de génie civil et de conception architecturale permettant aux bâtiments de résister à toutes les intensités de secousses. Il s’applique aux constructions nouvelles et aux bâtiments subissant des modifications importantes, telles que des changements d’usage, des transformations pour des raisons de sécurité publique ou d’extension.
Le domaine d’application du RPS 2000 couvre les structures en béton armé et en acier. Il répartit le Maroc en trois zones sismiques homogènes présentant le même niveau de risque. Les bâtiments sont classés suivant leur importance, et les sols en fonction de leur nature. Sept ans après son entrée en vigueur, le RPS 2000 est en cours de révision par le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace, en partenariat avec l’université Mohammed V Agdal de Rabat.
Suite à une enquête menée auprès des utilisateurs (bureaux d’études, de contrôle, architectes, promoteurs, entreprises, laboratoires), le projet de RPS 2000 révisé a été élaboré pour faciliter son utilisation grâce à deux cartes sismiques (accélération et vitesse du séisme), à de nouvelles données, à l’affinage du zonage sismique par site, et à l’amélioration du classement des constructions.

Contribution : Hayat Sabri, Directrice adjointe à la direction technique de l’Habitat, Ministère de l’habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace. Bibliographie : cahiers de l’IAU-Idf. N° 154. Mai 2010.

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