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Maroc, l’enjeu des villes nouvelles

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Une ville nouvelle, c’est un avenir qui s’esquisse.

La population urbaine du pays est passée de 3,4 millions d’habitants en 1960 à 16,5 millions en 2004, soit une multiplication par cinq en un peu plus de quarante ans. La pression démographique sur les villes marocaines va se poursuivre au même rythme et le recours à de très grandes opérations en dehors des tissus existants va nécessairement – ce n’est pas un souhait – perdurer au cours des prochaines années.
Pour les résidents de ces villes, c’est l’espoir d’une vie meilleure. La recherche de la qualité doit être au cœur du projet d’une cité qui se conçoit et s’édifie volontairement.

Quelles sont les attentes des futurs résidents ?
Sécurité, tranquillité, proximité des équipements, services et lieux de travail, environnement social adéquat, espaces publics facilitant le vivre ensemble, qualité architecturale – y compris adaptabilité des logements à l’évolution des modes de vie –, baisse des coûts et des tarifs, émergence d’une histoire, d’un imaginaire, d’une identité collective ? Au stade actuel de réalisation de cette nouvelle génération de villes, de nombreuses questions sont posées et des solutions recherchées. Seul le tamis du temps – le temps long pour une cité – permettra d’évaluer la pertinence décisionnelle.
Une politique des villes nouvelles s’élabore dans l’action, par ajustements successifs. L’alternative à cette démarche – qui consiste à construire un dispositif préalable à l’action, complet, explicitant un modèle et s’appuyant pour sa mise en œuvre sur des instruments légaux, institutionnels, financiers, fiscaux établis – n’avait aucune chance de voir le jour et condamnait à l’inaction.

Vocation et objectifs des villes nouvelles
La politique des villes nouvelles, élaborée au sein du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace, a été mise en place dans un contexte particulier. Chaque année, les villes marocaines doivent accueillir environ 130000 nouveaux ménages auxquels il faut proposer une offre adaptée. À cela, s’ajoute un déficit estimé à environ un million de logements. 50 % des ménages urbains marocains ont un revenu mensuel inférieur ou égal à 5000 dirhams et peuvent acquérir au mieux un logement d’un montant de 240 000 dirhams (35 % de leur revenu consacré au remboursement, emprunt sur vingt ans à un taux de 6 %).
Le prix du sol urbain aménagé est extrêmement élevé dans les grandes villes du pays et la spéculation foncière est toujours à l’œuvre.
Enfin, l’épuisement du foncier public, domaine privé de l’État, dans ou à la limite des agglomérations importantes, est un fait avéré.
Ces faits conjugués indiquent qu’une seule solution permet encore de trouver, dans les grandes métropoles du pays, des réponses au logement des ménages dont les revenus mensuels sont inférieurs à 5000 dirhams: opérer sur des terrains à bas coût, du foncier public, de superficie suffisamment importante pour faire baisser les prix, rapportés au mètre carré, des équipements hors site et primaires. Les opérations pour l’habitat se trouvent donc souvent dans l’obligation de quitter l’enceinte des cités et de se poser sur des aires importantes d’environ 1 000 hectares. La décision de créer des villes nouvelles est née de cette impérieuse urgence de « loger ».

Contribution : Abderrahmane Chorfi,  Directeur général de l’urbanisme,  Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace. Bibliographie : cahiers de l’IAU-Idf. N° 154. Mai 2010.

 

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