Quand l’Histoire de France reçoit un Prix de restauration

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Le Prix Belles demeures de France - Daniel FEAU a été  attribué le 22 Novembre 2011, Monsieur et Madame de Chavagnac, lors du congrès annuel de la Demeure Historique, pour  la restauration  du Manoir de Cléray dans l’Orne.

Depuis plus de 20 ans,  Belles demeures de France - Daniel FEAU, en association avec La Demeure Historique, récompense chaque année  les efforts d’une famille ayant acquis un château ou un manoir en déshérence pour le restaurer et l’habiter.
Cette passion pour les vielles pierres que partagent Belles Demeures de France, au travers de son département Château animé par Lionel Macaire et la Demeure Historique a donné naissance à ce prix qui encourage la préservation du patrimoine architectural français.

La Demeure Historique fondée par Joachim Carvallo en 1924, s’engage depuis près d’un siècle à préserver le patrimoine  historique  français. Elle regroupe aujourd’hui 3000 châteaux, manoirs, abbayes ou hôtels particuliers, dont 1300 sont ouverts au public.

Charles-Marie Jottras, président du groupe Féau, se félicite de vivre cette belle aventure aux côtés de La Demeure Historique ; son principal souci réside tous les ans, dans la grande difficulté de choisir le lauréat du prix parmi les dossiers de ces familles qui rivalisent de trésors d’énergie et d’ingéniosité pour accomplir avec très peu de moyens, des restaurations invraisemblables ; une petite dose de folie, ou au moins d’inconscience, accomplit parfois de grandes choses !

Le Manoir de Cléray, une belle histoire …
Bâti autour de sources comme l’exprime son étymologie, le manoir de Cléray et ses dépendances sont les seules constructions qui subsistent de l’ancien village de Cléray et de son église.
Le manoir fut reconstruit par le Baron de Neufville entre 1610 et 1630, à l’emplacement d’une ancienne demeure seigneuriale  entourée de douves.

Transformé dès le début du XIXème siècle en habitation, le manoir ne fait l’objet d’aucun travaux d’embellissement, ni d’entretien pendant près de deux siècles.

Et malgré l’inscription au titre des monuments historiques le 23 Janvier 1944, l’ensemble se dégrade beaucoup : Vers 1950, le moulin à eau disparaît, dans les années 60 un des pavillons ouest s’effondre dans les douves, menacé par de graves infiltrations d’eau , la toiture du logis principal alors en tuile est refaite en ardoise, mais malheureusement les menuiseries extérieures ne sont pas restaurées

Ouvert à tous les vents le manoir est progressivement envahi par les pigeons et les corbeaux qui achèvent de détériorer l’intérieur…. La tour du gué avec son beau toit en coupole surmonté d’un lanternon est arasée en 1990, et la tempête de 1999 emporte une partie du toit des dépendances !

C’est en 2006, qu’Ida et Arnaud de Chavagnac, parents de trois enfants, se  portent acquéreurs du manoir de Cléray, alors dans un grand état de décrépitude : Les planchers des deux étages sont troués, les menuiseries totalement dégradées laissent pénétrer la végétation à l’intérieur, le salpêtre ronge les murs, et les ragondins envahisseurs venus de terres lointaines sapent les douves !
Les dépendances sont massacrées, de grandes ouvertures ont été percées pour des nécessités agricoles…  Le sol de la cour a été bétonné et d’immenses hangars agricoles construits à proximité, achèvent de défigurer la bâtisse.

La famille de Chavagnac entreprend  alors une vaste campagne de restauration, mettant hors d’eau le logis et ses dépendances
L’aile ouest est aménagée, les menuiseries refaites, les douves curées et leurs murs consolidés, leur dessin restitué. Le gravillon,  les pelouses, la plantation de haies et d’une allée de tilleul habillent désormais la cour.
Au fil des années,  cette immense œuvre de restauration  verra le jour ….
Les lucarnes seront restaurées, l’aile droite remise en état, les travaux d’embellissement aux abords du manoir poursuivis avec la restauration des murs entourant le jardin,  la plantation d’un jardin à la Française à la place de l’ancien potager.
Le chemin vers l’église de Cléray sera  à nouveau emprunté et la tour de gué relevée et couronnée d’une toiture en coupole surmontée d’un lanternon !

Le prix Belles demeures de France - Daniel FEAU contribuera à la prochaine campagne de restauration prévue, sous la conduite de Jean Charles de Sèze, architecte du Patrimoine, avec l’aide de la DRAC de Basse Normandie. Ces derniers s’attacheront à restituer la charpente et la couverture à l’impérial du pavillon ouest attestée par une photographie ancienne avant sa destruction et à remettre à l’identique l’ensemble des maçonneries et des menuiseries de ce pavillon.


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