Les pompiers non parisiens bientôt à sec ?

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Il y a trois sortes de pompiers. Les pompiers de Paris et de la première couronne qui sont des militaires de carrière, dépendant de l’armée de terre. Les pompiers de Marseille qui sont également des militaires, mais marins, dépendant donc de la Marine.
Et tous les autres pompiers de France, professionnels ou volontaires. Ceux dont on parle après !

Rapport public thématique de la Cour de Comptes sur les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS)
Les SDIS, rouage majeur de la politique de sécurité civile, jouent un rôle essentiel dans la lutte contre l'incendie et le secours aux personnes. Cette politique, qui est partagée entre l’Etat et les collectivités territoriales, départements, communes et intercommunalités, mobilise des moyens importants : près de 250 000 sapeurs-pompiers dont 80 % volontaires et des dépenses qui représentent 4,74 Mds € en 2010, soit un coût de 79 € par habitant en moyenne. Ce coût varie cependant beaucoup selon les départements : de 42€ dans l’Aube à 161€ en Haute-Corse.

Les dépenses progressent plus vite que l’activité
L'augmentation des dépenses des SDIS, de 4,8% par an entre 2002 et 2010, ne correspond pas à celle de l'activité. La lutte contre les incendies, vocation première des SDIS, a même eu tendance à diminuer et ne représente aujourd'hui que 8,5% de leurs interventions, tandis que le secours aux personnes constitue désormais leur activité principale avec 69% des interventions.
Si la progression des dépenses résulte en partie de la mise à niveau des casernements et des équipements, elle tient surtout à la croissance des dépenses de personnel, 54 % entre 2002 et 2010, sous l'effet combiné des augmentations des effectifs et des rémunérations.

Un mode de financement peu cohérent
Le financement des SDIS provient en premier lieu des départements, qui supportent 56% de leurs dépenses, mais aussi des communes et des intercommunalités. Depuis 2002, les contributions versées aux SDIS par les communes et les intercommunalités sont limitées à l’évolution de l’inflation. Les départements prennent donc en charge les dépenses nouvelles des SDIS qui augmentent nettement plus vite que l’inflation et leur participation aux SDIS a presque doublé entre 2002 et 2010.
Le maintien de contributions communales a aujourd'hui plus d'inconvénients que d'avantages, notamment parce qu’il peut faire obstacle à la nécessaire rationalisation de la carte des centres sur le territoire départemental.

Des gisements d’économies dans la gestion opérationnelle et administrative
Une meilleure maîtrise des dépenses est une priorité. Elle passe par l'adoption de mesures pour rationaliser l'organisation, qu'il s'agisse :
- de la carte : il existe encore une surdensité de centres de secours dans certains secteurs géographiques ;
- de la couverture des risques : le schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (SDACR), conçu comme un outil de planification stratégique pour rationaliser la couverture des risques et maîtriser la progression des coûts, ne joue pas correctement ce rôle ;
- de l'organisation des gardes : le régime de garde de 24 heures (G24) est très coûteux en personnel ;
- de l'utilisation des volontaires : dans certains départements, les sapeurs-pompiers volontaires sont peu sollicités.

Elle suppose aussi une gestion plus rigoureuse des carrières, des rémunérations accessoires et du temps de travail, ainsi que davantage de mutualisation avec les services du conseil général et entre SDIS.

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