L’équipe de recherche de Morningstar réalise tous les trimestres une étude résumant les tendances des marchés et le comportement des fonds notés par cette équipe. Focus sur les tendances des marchés obligataires et retour sur certains fonds notés.
Les gérants obligataires ont dû faire face à un mouvement de défiance généralisée, tant envers la dette gouvernementale qu’envers le crédit.
Principalement marquée par l’éclatement de la crise de la dette souveraine en Europe, l’année 2011 aura été turbulente pour les marchés obligataires, particulièrement au cours du troisième trimestre. Aux craintes sur la viabilité de l’Union monétaire et financière européenne se sont ajoutées des inquiétudes croissantes sur la solidité du système financier et sur l’éventuelle raréfaction du crédit sur fonds de ralentissement de la croissance dans l’ensemble des pays développés.
La principale conséquence de cette crise a été un mouvement de défiance de plus en plus généralisée à l’égard des pays de la zone euro, à l’exception de l’Allemagne. Les spreads entre le taux des emprunts allemands et ceux des pays périphériques de la zone euro, mais aussi celui de la France, se sont en effet fortement écartés, notamment au cours de l’été. A fin novembre 2011, les obligations italiennes à 10 ans offraient ainsi un taux de rendement de 7,06%, 519 pbs au-dessus des taux allemands, alors qu’en janvier 2011, l’écart n’était que de 118 pbs. Pour les taux espagnols à 10 ans, le spread est passé de 247 pbs en début de période à 433 pbs, alors que le spread des emprunts Grecs, dont le défaut de paiement est déjà reflété dans les prix de marché, est passé de 882 pbs à 1605 pbs entre janvier et novembre 2011.[1]
L’autre grande conséquence de la nervosité des marchés en 2011 a été la méfiance envers le secteur financier, qui représente en moyenne 35 à 40% des émetteurs de dette privée (tel que mesuré par l’indice BarCap Euro Agg Corporates). L’indice IBoxx EUR Corp Financials a ainsi baissé de -0,53% sur l’année alors que les émetteurs « corporate » non financiers ont en réalité bien progressé (+3,93% pour l’indice IBoxx Eur Corp Ex-Financials). La catégorie Obligations EUR Haut Rendement, la plus risquée de l’univers corporate, a quant à elle fortement souffert au cours de l’été et termine l’année sur -1,07%, même si là encore les fonds de la catégorie ont réussi à regagner au 4e trimestre, pour la plupart, une partie du terrain perdu au cours de l’été.
Après avoir mieux tenu que la dette privée au cours de l’été dans un contexte de forte aversion au risque, la moyenne de la catégorie Obligations EUR Gouvernementales a lâché un peu de terrain au 4e trimestre (-0,47%), les investisseurs ayant regagné un peu d’appétit pour le risque. Elle termine toutefois l’année sur une performance largement positive (+2,88%) et supérieure au total à celle des obligations privées (+0,31% pour la catégorie). Le pessimisme concernant les perspectives de croissance de la zone euro s’est aussi traduit par des prévisions d’inflation particulièrement faibles. Les obligations EUR indexées sur inflation ont ainsi nettement sous-performé les obligations classiques (2,09% contre 2,88% pour les moyennes de catégorie respectives).
Enfin, les autres grands marchés obligataires globaux témoignent d’une remarquable résistance, même si celle-ci est à l’inverse associée à des prévisions supérieures d’inflation. Les investisseurs ayant opté pour les obligations gouvernementales britanniques ont ainsi pu récolter en moyenne +18,87% et encore plus (22,16%) pour la version indexée sur inflation. Celle-ci n’est que partiellement attribuable à l’effet devise, la livre sterling ne s’étant appréciée que de +2,5% par rapport à l’euro sur l’année 2011[2]. Les bons du trésor Américain, malgré la perte du AAA, ont aussi eu la faveur des marchés, avec une progression de +10,35% sur l’année et +15,64% pour la catégorie Obligations US indexées sur inflation. Au total, la catégorie Obligations Internationales termine ainsi l’année avec une progression de 6,04%, plus de la moitié de cette performance ayant été enregistrée au dernier trimestre (+3,51%).

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