Lettre ouverte de Jean-François Fillastre aux dirigeants de Koredden

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Messieurs les actionnaires principaux et dirigeants de Korreden

Je suis un ancien cadre salarié du Groupe AKERYS et actionnaire minoritaire de Korreden holding mère de ce même groupe.
Je ne suis pas « un de ces anciens dirigeants procéduriers » et ma réaction aujourd’hui, n’est pas celle d’un ex salarié qui souhaite régler, par tous moyens, ses comptes, suite à son départ du groupe, celui-ci étant soldé.

Je n’ai pas d’animosité envers le groupe AKERYS, bien au contraire. J’y ai laissé trop de sueur, trop d’amis, trop de collaborateurs pour qui j’ai de l’affection.

Je suis, par contre un actionnaire minoritaire, qui s’inquiète des opérations et restructurations financières réalisées dans et autour de KORREDEN. Celles-ci, à mon sens, ne répondent qu’à l’intérêt financier bien compris de l’actionnaire principal Qualis. Je ne crois pas que cela profite au Groupe AKERYS et notamment à ses salariés.

Un certain nombre d’actionnaires minoritaires, anciens salariés du groupe ou partenaires commerciaux, issus de l’ensemble des structures du groupe ont déposé des plaintes, notamment pour escroquerie, sur justement ces opérations de haut de bilan.

Ce n’était pas mon cas, j’attendais avec impatience l’assemblée générale, lieu d’échange entre les actionnaires, lieu où on peut tout se dire et peut-être servir d’intermédiaire entre nous.

Deux évènements ont donc changé ma position,

En premier lieu cette assemblée, où le « droit des secrets des affaires » a été trop souvent la réponse faite aux questions des minoritaires sur les activités opérationnelles du groupe, ou même des questions où pèsent des obligations de présentations n’ont eu comme écho qu’une réponse vague au travers d’un chiffre global (Liste des 10 plus grosses rémunérations du groupe) et pour lequel, une fois annoncé, vous nous avez précisé qu’il était erroné ! Je passe les questions précises sur la valorisation des titres, l’incorporation de la dette au capital et sa parité, les nouvelles cessions entre Qualis, ses affiliés et les obligataires à un prix qui interpelle et les incohérences avec la présentation des comptes sociaux et consolidés de Korreden. Sans oublier le propre aveu du président de Korreden en pleine assemblée sur la connaissance par les obligataires de la survaleur des titres lors de l’incorporation des 220 M€ de dette obligataire par augmentation de capital et création de nouvelles actions à 85 € le titre et le fait qu’ils ont en même temps « sûrement » provisionné ceux-ci. Par ailleurs, je ne supporte pas que vous puissiez vous draper de la vertu de la protection des salariés de ce groupe, car ma conviction fondée sur notre histoire commune m’amène à penser que seul votre intérêt financier d’actionnaires majoritaires vous guide.

En deuxième lieu, j’ai reçu juste après l’assemblée une notification de vente forcée de mes titres Korreden au profit de LAMART INVESTMENT affilié à QUALIS à 4.30 € l’action. Et moi qui pensai que nous avions « normalisé nos rapports et que nous étions en toute confiance »……Comprenez que je m’aperçoive, une fois de plus, que j’ai eu tort ! Bien entendu je conteste celle-ci puisque je considère que toute cette opération est une fraude.

Je m’interroge, cette notification est-elle la conséquence de mon impertinence et de mes questions embarrassantes notamment aux commissaires aux comptes ? Vouliez-vous me punir ? Ou était-elle programmée avant avec d’autres actionnaires minoritaires ? Ce qui est encore plus grave à mes yeux !

Oh ! J’entends déjà vos arguments sur la valeur des titres, le groupe va très mal car la crise est là. Celle-ci expliquerait, peut-être, qu’une action achetée à plus de 51 € en 2006, valorisée il y a 2 ans à 85 € ne vaudrait plus que 4.30 €. Sauf que les comptes sociaux et consolidés de Korreden qui doivent présenter une image fidèle du patrimoine, de l’activité et l’état de la société et du groupe qui la composent ne retranscrivent pas cela. Je n’ai pas connaissance non plus de la mise en place d’un PSE ou du droit d’alerte des CAC.

Oh ! j’aurais joué et perdu comme en bourse ! Sauf qu’en bourse je reste maître de vendre ou pas et du prix de celle-ci. Tel n’est pas le cas ici.

Certains d’entre nous auraient fait précédemment de belles affaires, ce n’est pas le cas de la majorité qui au contraire est en grande difficulté en raison de cette opération et des crédits in fine que vous leur avez proposé lors de l’investissement ! En fût-il le cas pour les autres, cela ne peut pas justifier qu’ils soient spoliés !

Voilà pourquoi, Messieurs les dirigeants de Korreden et de Qualis, je porte plainte à mon tour. Avec un vrai désir qu’un juge d’instruction soit saisi pour faire toute la lumière sur ces opérations, en désirant qu’un administrateur AD HOC soit nommé pour stopper, le temps de l’instruction, toutes ces opérations et laisser à ce groupe une chance de survie.

Bien entendu, je m’attacherai à obtenir des Commissaires aux comptes qui ont, comme vous l’avez affirmé, certifié ceux-ci, ont tout vu et tout contrôlé, qu’ils fournissent les explications sur leurs positions. Je souhaite juste leur rappeler qu’un commissaire aux comptes a pour mission le contrôle des comptes et des opérations, veiller à une présentation des comptes reflétant fidèlement la situation de la société vis à vis des tiers et de tous les actionnaires et s’assurer du traitement égalitaire de ceux-ci. Qu’à défaut, il engage, lui aussi sa responsabilité.

Jean-François FILLASTRE

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