Avec un volume de 6,8 milliards d’euros investis au 4ème trimestre, le marché français s’est très nettement emballé, porté notamment par des investisseurs souhaitant bénéficier de l’avantage fiscal lié à l’article 210-E du Code Général des Impôts (CGI) avant son expiration au 31 décembre. Avec plus de 15,6 milliards d’euros, le cru 2011 affiche finalement une performance supérieure à la moyenne observée durant la dernière décennie, en dépit de la sinistrose ambiante.
Cet emballement résulte principalement de la concrétisation de transactions d’envergure. Ainsi, 23 transactions d’un montant supérieur à 100 millions d’euros (totalisant un montant de 3,4 milliards d’euros) ont été réalisées au cours du 4ème trimestre 2011, essentiellement en Ile-de-France. La méfiance des investisseurs reste cependant prégnante, limitant leurs acquisitions en région à des marchés matures et reconnus comme Lyon.
Faute de réelles opportunités sur des actifs commerciaux, les bureaux ont concentré 76% des engagements en 2011, soit près de 11,9 milliards d’euros. Si la recherche d’actifs « core » reste le maître mot en matière d’investissement, plusieurs opérations en blanc ont eu lieu ce trimestre, en Ile-de-France comme en régions. Certains investisseurs semblent donc prêts à saisir les opportunités du marché dans un contexte de pénurie d’offre neuve annoncée pour 2012 en Ile-de-France.
« Le marché de l’investissement aura finalement créé la surprise en déjouant tous les mauvais pronostics de l’automne » note Magali Marton, Directrice des Etudes pour la zone CEMEA de DTZ. «Le traditionnel rush de fin d’année a été amplifié par de nombreux sale & lease back conclus avant que l’avantage fiscal qui leur était lié, ne tombe. Au-delà de ces bons résultats de 2011, la question du financement immobilier reste centrale pour l’évolution du marché en 2012 – le paysage se recompose lentement laissant ainsi le champ libre aux « equity players » français et étrangers, qui retrouvent ainsi une marge de manœuvre», conclut Magali Marton.
En 2012, le marché de l’investissement devrait se situer à mi-chemin entre les performances satisfaisantes de 2011 et celles atones de 2009. Pour l’heure, une hypothèse médiane a été retenue, soit un marché compris entre 11 et 13 milliards d’euros en 2012, sous réserve que l’économie ne dérape pas à nouveau et que la question du financement immobilier et de son refinancement trouve sa réponse.
*Définition de Equity Player: investisseurs ne faisant pas appel à la dette

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