En dehors de la zone euro, l’économie mondiale se porte bien.

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Avec la reprise aux Etats-Unis et l’avancée progressive des marchés émergents, la situation économique mondiale n’est pas aussi maussade qu’elle en a l’air depuis la zone euro. Explications de Ronald Doeswijk, stratégiste en chef chez Robeco.

La zone euro ne nous a pas donné beaucoup d’occasions de nous réjouir dernièrement. La crise de la dette souveraine continue de gronder. La situation économique continue de se détériorer, et les inquiétudes concernant une nouvelle crise du crédit dans le système bancaire de la région s’intensifient.
Mais cette situation déprimante n’est en aucun cas universelle. L’économie américaine se redresse et les marchés émergents, même s’ils ne tournent plus à plein régime, restent relativement solides.

En raison de la crise de la dette de la zone euro, les Européens ont l’impression que l’économie mondiale va mal. Mais si l’on se place d’un autre point de vue, la situation n’est pas aussi sombre.

Malgré le glissement de la zone euro vers la récession, 2011 a été une année de croissance économique modérée dans le monde entier, même si elle est inférieure à la tendance. La confiance des producteurs et les ventes de détail sur les marchés émergents indiquent que cette croissance modérée devrait se poursuivre.

La croissance sur les marchés émergents devrait être solide en 2012
Les marchés émergents devraient enregistrer une croissance correcte en 2012, de l’ordre de 7 à 8 % en Chine et en Inde. L’an dernier, elle avait diminué dans ces pays, ainsi qu’au Brésil. C’était en fait une bonne nouvelle, étant donnée l’accélération de l’inflation. La menace inflationniste a par conséquent fortement diminué et un certain relâchement de la politique monétaire s'est déjà produit. Nous prévoyons que le frein économique va se relâcher progressivement.

Malgré tout, les craintes d’un atterrissage difficile de l’économie chinoise n’ont pas disparu, mais cela semble peu probable : les trois indicateurs privilégiés par le vice-Premier ministre Li Keqiang – la production d’électricité, le fret par voie ferrée et la hausse des crédits intérieurs – indiquent un ralentissement contrôlé.

La crise de la dette dans la zone euro peut faire dérailler la croissance mondiale
Ces perspectives solides peuvent sembler rassurantes mais, en raison de la crise de la dette dans la zone euro, il n’y a aucune garantie que le scénario prévu - faire au mieux pour s’en sortir - va se poursuivre. La crise de la dette est source d’incertitudes qui rendent les entreprises réticentes à investir et les consommateurs hésitants à dépenser. Mais plus inquiétant, elle peut aussi entraîner la zone euro dans une dépression et l’économie mondiale dans une récession.

La crise de la dette peut toujours faire exploser l’euro, mais il est plus probable que la BCE fera tout son possible pour s’assurer que l’Espagne et l’Italie puissent rembourser leurs dettes à des taux d’intérêt raisonnables.

Selon nous, la BCE agira ainsi car l’effondrement de l’euro, qui pourrait survenir suite à un défaut de paiement espagnol ou italien, entraînerait d'énormes coûts. Cela signifie que l’euro n’est pas près de disparaître, même s’il est possible que la Grèce ne règle pas ses obligations et quitte la zone.

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