Hiver 2012. L’Abbé Pierre est toujours debout sur sa Fondation !

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Une Politique du logement ni juste, ni solidaire. Extrait du  17e rapport sur l’État du mal-logement en France Fondation Abbé Pierre.

Dans une période où la précarité gagne du terrain, où la pauvreté concerne plus de 13 % des Français, où les situations de mal-logement, loin de se résorber, s’aggravent et s’élargissent à des catégories qui en étaient jusque là protégées, la politique du logement apparaît singulièrement insuffisante et trop peu protectrice pour les plus modestes.

La dimension protectrice de l’action publique — essentielle pour les personnes les plus fragiles — ne doit d’ailleurs pas se limiter à ces derniers. Elle doit aussi concerner toutes celles qui ne peuvent se loger sans une aide de la collectivité, que ce soit en orientant la construction vers la satisfaction des besoins sociaux ou en apportant des aides personnelles qui permettent de réduire la charge que représente le logement pour le budget des ménages modestes.

L’intervention publique devrait donc mobiliser ses moyens au service de cet objectif.
Elle devrait faire du logement des plus fragiles une question centrale. Car la situation qui leur est faite quand ils se trouvent privés de domicile personnel, ou contraints de vivre dans des conditions insupportables, bafoue souvent la dignité qui leur est due.
Elle devrait être plus soucieuse d’améliorer le sort des couches populaires et des classes moyennes inférieures qui n’ont souvent que de faibles perspectives résidentielles et sont obligées de consacrer une part croissante de leurs revenus pour se loger en rognant sur leur pouvoir d’achat.

L’élargissement des difficultés de logement à des catégories qui en étaient jusqu’alors protégées nourrit la conviction, déjà maintes fois exprimée par la Fondation Abbé Pierre, que tout est lié et qu’il n’y aura pas d’amélioration durable de la situation des plus modestes en matière d’habitat, tant que la politique du logement ne sera pas plus attentive à la demande sociale, celle des défavorisés d’abord mais aussi celle qui émane des ménages qui relèvent des catégories intermédiaires et des couches moyennes qui sont tous confrontés à des difficultés croissantes (même si leur gravité est différente) pour accéder à un logement ou pour s’y maintenir.

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