Télécentres : Sénart compose deux projets

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Deux projets de plate-forme de télétravail émergent à Sénart : un espace de co-working au sein de la pépinière d'entreprises et un télécentre au Carré Sénart.

Depuis plusieurs mois, le San de Sénart travaille sur la faisabilité de l'implantation de deux télécentres sur son territoire. Ces deux projets sont à la fois différents en termes de réalisation, de fonctionnement ou de cible, et complémentaires dans l'offre qu'ils proposeraient.

Le premier projet correspond à la création d'un espace de co-working, de 6 places, au sein de la pépinière d'entreprises de Sénart.

Le second, d'une plus grande ampleur – 1 000 m² pour plus de 100 postes – est à l'étude sur le Carré Sénart. Ce projet de télécentre pourrait s'inscrire dans le cadre du volet numérique du Grand Emprunt, confié par l’État à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et à ses partenaires. En qualité d' « investisseur avisé », la CDC permet d'amorcer les projets de télécentres aux côtés de collectivités pour un accompagnement de la structure les premiers mois d'exercice.
 
« Nos projets sont dans l'air du temps ! Ils permettraient aux entreprises et à leurs salariés, d'avoir à proximité de leur domicile, tous les outils nécessaires pour travailler » explique Michel Bisson, vice-président du San. « La démarche d'implantation des télécentres est portée par Seine-et-Marne Développement qui souhaite fédérer un réseau de télécentres en Seine et Marne. Pour ce faire, l'agence de développement économique a créé l'association Initiative Télécentres 77, à laquelle Sénart vient d'adhérer. Il s'agit d'avoir une certaine équité dans l'accès aux télécentres dans notre département et plus largement en Île de France. Plus il y aura de télécentres, plus les entreprises y seront sensibles et laisseront leurs salariés travailler dans ces structures ».

Attirer les indépendants comme les grandes entreprises parisiennes
Le projet d'espace de co-working à la pépinière d'entreprises, située à Moissy-Cramayel, s'inscrit dans le cadre d'une réflexion sur l'évolution et le devenir du modèle des pépinières. « Elles vont tendre vers l'offre des télécentres, à partir des besoins réels du territoire en fonction de leur cible : les personnes travaillant sur Sénart sous un statut d'indépendant, les commerciaux nomades, les jeunes entrepreneurs débutants, les associations » précise Michel Bisson.

« Cet espace de co-working offrirait aux entrepreneurs et indépendants, une prestation de services intermédiaire entre la domiciliation et la location de bureaux. Cette flexibilité permettrait d'avoir un espace de travail adapté en plus de l'offre de services actuellement proposée par la pépinière : fibre optique, courrier, etc. » précise Thomas Guilmet, directeur de la pépinière d'entreprises. « Avec cet espace, nous allons toucher un nouveau public, qui ne s'adressait pas à nous auparavant. Notre panel d'offres sera plus adaptable en fonction du besoin ponctuel ».
 
Le projet de télécentre sur le Carré revêt une dimension plus imposante non seulement sur le nombre de postes de travail proposés, mais également sur les entreprises visées. Cette fois, les cibles sont les salariés des entreprises de Paris et sa proche banlieue, qui résident en grande couronne. L'objectif étant de diminuer le temps de transport important de ces personnes et de réduire les pics de fréquentation constatés dans les RER. Le télécentre peut également permettre  de moduler l'emploi du temps des salariés, en allant seulement deux ou trois jours à Paris contre cinq actuellement.

Lever les freins liés aux télécentres
Les deux intérêts majeurs des télécentres sont : un gain de productivité pour le salarié qui bénéficie d'un environnement de travail plus sain, et une optimisation financière pour les entreprises par la mise à disposition de bureaux en fonction des besoins. « Au prix du m² à Paris et en petite couronne, c'est un poste financier que les entreprises ne négligent plus ! » lance Michel Bisson.

 Une étude d'opportunité réalisée par la SOFRED est actuellement en cours auprès des entreprises du territoire et de grands comptes (*). Pour attirer les entreprises, les locaux doivent être attractifs et être à proximité de services, d'où un partenariat à l'étude avec Unibail-Rodamco, qui pourrait affecter à cette fonction de télécentre, les 1.000 m² nécessaires, dans le cadre de l'extension du Carré Sénart.
 
« Un avantage pour notre territoire : les salariés pourront consommer ici. Ce qui est un atout pour nos commerces et notre économie résidentielle. Les salariés généreraient également de la vie sociale. Ce projet s'inscrit dans notre volonté de faire du Carré Sénart un ensemble de vie et pas seulement un ensemble commercial » se réjouit Michel Bisson. 

Si les projets avancent, reste aujourd'hui à lever les freins liés à l'usage des télécentres. En effet, il faut que le métier soit délocalisable ; et il s'avère nécessaire d'adapter le management des salariés face à cette nouvelle forme d'organisation de l'entreprise.

Suite à une première étude généraliste commandée par Seine-et-Marne Développement en 2011, le San a missionné la SOFRED pour évaluer le potentiel de réalisation d'un télécentre sur le territoire.
 
Cette étude a démarré début juillet et devrait s'achever en octobre « vise à répondre à plusieurs questions parmi lesquelles : y a t-il un marché ? Existe t-il une demande des entreprises ? » indique Quentin Lamour, en charge de l'étude.

La SOFRED mène cette étude auprès de 3 cibles du territoire : les entrepreneurs indépendants, les établissements de plus de 10 salariés et les salariés-résidants. « Entre 250 et 300 personnes vont être invitées à répondre, par téléphone, à notre questionnaire. C'est ce que l'on appelle l'enquête quantitative. Ensuite, nous allons mener 25 entretiens dits qualitatifs avec des experts des télécentres, dont la région Île-de-France, Cisco, Atos Origin ou le réseau Actipôle 21 ».

La SOFRED fera part de ses résultats, de fin octobre à fin décembre et proposera des pistes sur le montage des télécentres, la définition de leur modèle économique et les modalités de montage de chaque opération immobilière.

(*) Une enquête auprès de 300 personnes

 

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