Immobilier d’entreprise : une année 2015 à laquelle personne ne s’attendait

smaller text tool iconmedium text tool iconlarger text tool icon

 

Le groupe La Française nous fait profiter de son analyse conjoncturelle du marché français de l’immobilier d’entreprise, à l’occasion d’une année 2015 exceptionnelle, loin des attentes des professionnels.


La croissance de l’économie française a nettement accéléré en 2015, le Produit Intérieur Brut (PIB) affichant une progression de 1,1 %, après 0,2 % en 2014. Elle a profité de la reprise de la production qui augmente de 1,3 % sur l’ensemble de l’année, malgré la baisse toujours importante enregistrée dans la construction et du soutien des dépenses des ménages.


La consommation s’est raffermie en 2015, en hausse de 1,4 % contre 0,6 % de 2014. Le redémarrage en dents de scie de l’économie française s’est confirmé au 4e trimestre. L’activité a ainsi freiné, atteignant 0,2 % contre 0,4 % initialement prévu, après 0,3 % au 3e trimestre. Elle a pâti des impacts très négatifs sur les dépenses de tourisme et de consommation des attentats du 13 novembre dernier. Le taux d’occupation des hôtels a, en effet, nettement reculé au mois de décembre en particulier en Ile-de-France, la capitale enregistrant quant à elle un fort repli de près de 14 %. De même, les dépenses des ménages ont baissé de 0,4 % au 4e trimestre, malgré les achats de Noël. Le marché de l’emploi alterne également les bons et les mauvais résultats : après avoir légèrement reflué en début d’année, le chômage a repris sa progression au 3e trimestre, pour s’établir à 10,2 % en France métropolitaine.


Sur le marché des bureaux, le net regain de dynamisme observé depuis l’été s’est encore renforcé au 4e trimestre, avec près de 709 000 m² pris à bail, malgré la rareté des grandes transactions. Les commercialisations sont restées particulièrement dynamiques dans Paris, émanant de plus en plus des sociétés de la nouvelle économie. Les locataires profitent de la baisse plus modérée mais persistante des loyers pour se relocaliser dans des zones plus accessibles. L’offre reste globalement stable. En outre, peu de livraisons en blanc alimenteront le marché en 2016, accentuant encore la fracture entre l’offre neuve et celle de seconde main. Le loyer « prime » a terminé l’année en légère augmentation, porté par plusieurs transactions signées dans des surfaces neuves ou restructurées. Le loyer moyen, quant à lui, est toujours orienté à la baisse.


Le marché de l’investissement a connu une nouvelle année de forte activité en 2015. 24,3 Mrds€ ont été engagés en immobilier d’entreprise, un volume comparable à celui enregistré en 2014. Le marché est contraint par un manque d’offres de produits de qualité, aux valeurs métriques les plus élevées : les propriétaires hésitent à céder leurs meilleurs immeubles et à dégager ainsi des sommes importantes, qu’ils peineraient à réemployer dans des biens comparables. Les taux de rendement « prime » ont donc poursuivi leur baisse pour tous les types de produits immobiliers. Les capitaux se déplacent progressivement vers des actifs à la fois moins sécurisés et plus excentrés. A 3,25 %, le taux de rendement « prime » pour les bureaux parisiens est désormais le plus faible d’Europe.


Malgré une remontée sensible du pouvoir d’achat en 2015, la vigueur du redressement économique sera inévitablement toujours freinée par les terribles événements survenus en novembre. Les prévisions ont ainsi été revues à la baisse, à 1,2 % en 2016, un niveau insuffisant pour entraîner un repli notable du taux de chômage. La demande placée devrait néanmoins demeurer robuste, portée par les secteurs les plus dynamiques, alors que les entreprises aux activités plus traditionnelles poursuivront leur stratégie d’optimisation dans l’occupation des surfaces. Le loyer « prime » pourrait ainsi progresser, d’autant que l’offre de bureaux neufs demeurera contrainte dans les meilleures zones. Le loyer moyen pourrait progressivement se stabiliser, mais les mesures d’accompagnement resteront conséquentes. Les volumes d’investissement pourraient quant à eux être contraints par la rareté de produits mis en vente adaptés aux exigences des investisseurs. Le taux de rendement « prime » devrait encore baisser, bien que faiblement. Pour autant, les investisseurs demeureront en forte concurrence pour les bons produits, confirmant le potentiel de croissance des loyers à moyen terme.

Le flash

займ онлайн