Immobilier coté : « Une remontée tant attendue ! »

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Les indices IEIF en Bourse SIIC et REITs sont sortis, Aurore Vialatte de chez IEIF nous en fait l’analyse complète.


Le mois de novembre a été marqué par une envolée des valeurs sur les places boursières, quasi-euphorique, suite à l'élection du 45e Président des États-Unis. Seul l'immobilier coté a été à contre-courant, pénalisé notamment par la récente remontée des taux et un certain nombre de prises de bénéfices. Depuis lors, les investisseurs oscillent entre espoirs et inquiétudes tentant d'analyser les possibles répercussions de la mise en application du programme du président Républicain. Leurs espoirs se nourrissent d'une future politique budgétaire de relance de la croissance axée sur une baisse de la fiscalité des entreprises et sur une augmentation importante des investissements en infrastructures. Cette politique entraînerait une augmentation des taux d'intérêt et donc des marges des entreprises financières, notamment des banques qui jusqu'à alors ont souffert. Cependant, ils craignent qu'une trop forte politique protectionniste ait des répercussions négatives sur l'économie mondiale. Les incertitudes politiques demeurent une préoccupation, et ce, malgré le peu de mouvement des marchés suite à la victoire du non au référendum constitutionnel italien.


Outre-Atlantique, la Fed a enfin procédé au relèvement de ces taux directeurs d'un quart de point, mouvement largement attendu par les marchés. Sa décision s'est appuyée sur l'accueil favorable des marchés à l'élection de D. Trump ainsi que par de solides données macroéconomiques. Ainsi, la croissance du PIB au 3e trimestre atteint son plus haut niveau en deux ans à 3,2 % en rythme annuel. Le marché de l'emploi américain a, quant à lui, surpris par l'ampleur de son amélioration et retrouve un taux de chômage historiquement bas à 4,6 % (4,9 % précédemment), les créations de postes dans le secteur privé, publiées par l'enquête ADP, ont fortement augmenté à 216 000 en novembre (119 000 emplois en octobre).


Du côté des indicateurs conjoncturels, la majorité des données confirment la bonne santé de l'économie américaine. En effet, l'indice PMI manufacturier accélère à 54,1 en octobre (53,4 en octobre), l'indice PMI des services stagne à 54,6 (54,8 en octobre) et l'indice ISM des services rebondit fortement à 57,2 (54,8 en octobre). Les consommateurs, quant à eux, se montrent également bien plus optimistes qu'au cours du mois précédent avec un indicateur de confiance du Conference Board à 107,1 (98,6 en octobre).


Sur le marché immobilier, les données, bien que contradictoires, sont assez encourageantes. Alors que les permis de construire se stabilisent à 1,229 million d'unités en rythme annualisé en octobre (1,225 en septembre), les ventes de logements continuent leur poussée dans l'ancien avec 5,6 millions (5,47 millions en septembre) mais ralentissent encore dans le neuf (-3,4 %) à 563 000 unités en octobre (593 000 en septembre, en rythme annualisé). Les mises en chantier bondissent de 25 % et atteignent un niveau record de 1,32 million en octobre (1,05 million en septembre), soit leur plus haut niveau depuis août 2007. Pourtant, les professionnels du secteur immobilier restent interrogateurs comme le montre la stagnation de l'indice NAHB qui est de 63 en novembre tout comme en octobre.



En Asie, le mois de novembre a renforcé les inquiétudes quant aux perspectives économiques nippones et chinoises. En effet, les investisseurs craignent les conséquences de la mise en place d'une politique protectionniste par les États-Unis notamment sur leur balance commerciale des économies asiatiques ainsi que celle d'une remontée des taux directeurs de la Fed avec comme corollaire une sortie de capitaux des marchés asiatiques. Au Japon, les prix à la consommation ont reculé pour le 8e mois consécutif en octobre de 0,4 % sur un an, tandis que les dépenses des ménages et l'investissement des entreprises ont stagné, et ce, malgré les efforts déployés par le Gouvernement nippon pour relancer l'investissement et la consommation. Par ailleurs, la récente remontée des taux obligataires a contraint le président de la BoJ à renforcer sa politique monétaire à travers le lancement de rachat d'emprunts d'États japonais, à échéance comprise entre 1 et 5 ans, à taux fixe pour un montant illimité.

 

Enfin, les statistiques du commerce extérieur témoignent du manque de dynamisme de l'économie à travers un fort recul des exportations pour le 13e mois consécutif en octobre de 10,3 % et une baisse des importations de 16,5 %. Le solde du commerce extérieur est de seulement 4,2 Mds€, un niveau bien en deçà du niveau attendu. Du côté des statistiques chinoises, la situation ne s'améliore guère même si la connexion boursière entre Hong-Kong et Shenzhen est enfin effective, les répercussions positives ne se feront certainement sentir que dans les mois à venir. En outre, les mesures de relance initiées par le gouvernement ainsi que l'augmentation des ventes de biens immobiliers ont largement soutenu l'économie au mois de novembre, mais la majeure partie des gains réalisés profitent aux entreprises publiques. De plus, l'augmentation des prix à la consommation (+2,3 % sur un an en novembre) tout comme celle des prix à la production (+3,3 %) laissent envisager une possible surchauffe sur le marché. Du côté des indicateurs conjoncturels, les signaux se contredisent. On note une légère amélioration de l'activité des services à travers l'augmentation de l'indice PMI des services à 53,1 (52,4 en octobre), cependant l'activité industrielle se contracte à l'image de l'indice PMI manufacturier à 50,9 (51,2 en octobre). Quant au commerce extérieur, son évolution dénote. Les exportations, contre toute attente, sont restées étales en novembre sur un an avec une progression de 0,1 % (après -7,3 % en octobre) et atteignent 196,8 Mds$, tandis que les importations rebondissent (+6,7 %) à 152,2 Mds$, plus fort rebond depuis 2014, dopées par le renchérissement du prix des matières premières industrielles. Toutefois, le solde du commerce extérieur continue de se dégrader et recule de 17,6 % sur un an à 44,6 Mds$.


En Europe, la préoccupation principale a résidé dans le maintien de la politique monétaire accommodante de la BCE et de ses conditions. Ainsi, le président de l'Institution a annoncé le prolongement du QE jusqu'en décembre 2017, cependant, à partir d'avril 2017, le montant mensuel des rachats d'actifs sera ramené à 60 Mds€ contre 80 Mds€ actuellement. De plus, l'Union européenne entend mettre en place prochainement des règles contraignant les grandes banques étrangères , principalement Américaines et Anglaises, jugées systémiques et investissant en Europe, à détenir un plus grand quota de fonds propres au sein de la zone. Cette nouveauté réglementaire s'inscrit dans la volonté de dégager les États de la responsabilité financière d'une éventuelle faillite bancaire étrangère. Côté statistiques, la conjoncture paraît s'améliorer comme l'indique le redressement de l'indice PMI manufacturier de la zone euro à 53,7 en novembre (53,5 en octobre) ainsi que celui de l'indice PMI du secteur des services à 53,8 en novembre (52,8 en octobre). En France, les indicateurs conjoncturels montrent une atonie de l'activité. L'indice PMI manufacturier remonte à 51,7 en novembre (51,8 en octobre) tandis que l'indice PMI des services conserve son avancée à 51,6 en novembre (51,4 en octobre). Enfin, l'Allemagne voit son activité industrielle ralentir avec un indice PMI manufacturier de 54,3 en novembre (55 en octobre) alors que le secteur des services continue de bien se porter comme le montre l'indice PMI des services à 55,1 (54,2 en octobre).


Du côté du moral des acteurs, la situation semble s'éclaircir. Aussi, excepté la dégradation de l'indice du climat des affaires de la zone euro à 0,42 (0,56 en octobre), tous les autres indicateurs présentent une amélioration des perspectives économiques. L'indicateur du sentiment économique ZEW des investisseurs en zone euro se redresse à 15,8 (12,3 en octobre), celui publié par la Commission Européenne augmente légèrement à 106,5 en novembre (106,4 en octobre), celui en France se stabilise à 102. Côté consommateur, la confiance continue de se consolider avec un indice atteignant -6,1 (-8 en octobre) en Europe.


Au mois de novembre, les indices immobiliers ont encore souffert alors que les indices de référence notamment européens se redressent. En effet, l'indice de performance globale Euronext IEIF REIT Europe a perdu 0,3 % sur le mois de novembre, tandis que l'indice Dow Jones Stoxx Europe 50 affiche un gain de 0,9 %. L'indice Euronext IEIF SIIC France a une performance négative de -3,2 %, alors que l'indice CAC 40 repasse en positif avec +1,6 % sur le mois. Sur un an, l'indice immobilier français Euronext IEIF SIIC France affiche toutefois une performance positive de +5,5 % alors que l'indice CAC 40 gagne 2,3 %. Les autres indices conservent des performances négatives. L'indice Euronext IEIF REIT Europe perd 16 % sur un an, l'indice Dow Jones Stoxx Europe 50 recule de 5,4 %.

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