Jacques Lebhar, Président du groupe LB-P estime que, aujourd’hui, toute politique du logement passe par une remise à plat du concept des aides personnalisées au Logement (APL) et l’analyse de sa réaffectation.
La politique du logement en France, compte, depuis 30 ans, une arme qui s’appelle l’aide personnalisée au logement, précisément conçue pour qu’il n’y ait pas d’exclusion par l’habitat.
Elle consiste, exprimé brutalement, à payer aux pauvres le logement qu’ils n’ont pas les moyens de s’offrir. Dans sa conception initiale c’était un moyen de faire en sorte qu’il n’y ait pas de sans-abris et de gens logés dans des bâtiments insalubres ou surpeuplés. La seule façon de le faire était de verser un différentiel de loyer directement au bailleur afin que ce ne soit pas une énième aide au revenu. Il était prévu que ce soit d’abord dans le parc HLM, puis dans un parc privé ancien avec des bailleurs sociaux conventionnés.
Mais cette politique n’a pas réellement été mise en œuvre. C’est une politique générale de saupoudrage qui l’a été pour diminuer les taux d’effort. Moyennant quoi, on a stabilisé une population dans le parc social, on n’a pas étendu l’APL au parc ancien. Il n’y a donc pas eu la rotation nécessaire qui permet de sortir du parc social par diminution des aides personnalisées à ceux qui peuvent accéder à la propriété afin qu’ils soient remplacés par ceux dont les revenus les empêchent d’y prétendre. Résultat : on a vu le budget des aides personnalisées au logement déraper de manière telle que l’Etat est revenu vers des aides à la pierre.
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