La lettre Actions « Value » du deuxième trimestre 2010, les gestionnaires de Sparinvest se posent la question suivante: à quel moment les sociétés doivent-elles cesser d’économiser et commencer à dépenser de nouveau en vue de la reprise ? Leur réponse est intéressante et riche en métaphores.
Â
« Lorsque nous évoquons la qualité de nos investissements, le niveau d’endettement constitue pour nous un élément clé. Il s’agit également d’un facteur très pertinent dans le contexte du rapport entre la situation macroéconomique et les sociétés. Que ce soit pour l’homme de la rue, pour le directeur général d’une société ou pour un chef d’Etat, l’effet de levier élevé et la nécessité de désendettement qui s’en est suivie constituent des thèmes importants depuis quelques années.
Réduction de l’effet de levier : dépenser ou économiser – ou les deux à la fois ?
Voici le message « amusant » qui a été affiché en ville sur l’immeuble d’une banque : « Nous pouvons vous prêter assez d’argent pour liquider l’ensemble de vos dettes. » Cela en dit long sur l’attitude qui domine depuis quelques années : vous pouvez toujours rembourser un emprunt en en contractant un autre, et il y aura toujours quelqu’un qui sera disposé à vous prêter davantage d’argent.
Pour les particuliers, les sociétés et même les Etats qui ont adopté cette attitude, les deux dernières années ont été marquées par un cruel retour à la réalité. C’est le secteur privé qui a été touché le premier, à mesure qu’il s’efforçait de réduire sa dette. Les Etats sont alors arrivés à la rescousse, soit en mettant en œuvre des plans de sauvetage directs, soit par des injections indirectes de liquidités, ou encore par le biais de mesures d’incitations fiscales. Evidemment, ces mesures n’ont pas été financées par magie et elles ont entraîné, pour de nombreux Etats, une augmentation importante de leur déficit budgétaire et de leur dette.
Au final, malgré le message attirant de cette banque, l’économie dans son ensemble ne peut pas tout simplement emprunter pour régler sa dette. « Il n’y a que deux manières de rembourser la dette : développer l’industrie pour augmenter les recettes, accroître l’épargne pour l’étaler. » C’est la théorie de Thomas Carlyle au XIXe siècle, et sa maxime est toujours pertinente aujourd’hui : la seule manière de réduire l’effet de levier est de gagner plus ou de dépenser moins. Plus facile à dire qu’à faire car, comme nous l’avons souligné dans notre dernière lettre : « Il faut dépenser de l’argent pour gagner de l’argent. »
Source : Sparinvest – Bulletin trimestriel Actions Value.

Twitter
Facebook
Flux rss