Le Mur Manteau a ses mentors

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Le Mur Manteau a été, pendant longtemps, cantonné à la rénovation des façades de bâtiments existants. Mais aujourd’hui, les nouvelles dispositions qui régissent le bâti performant font du Mur Manteau une solution pertinente pour tous les types d’ouvrage, et incontournable pour bon nombre d’entre eux.

Positionner l’isolant à l’extérieur de la paroi et non à l’intérieur : de longue date, ce principe va de soi chez nos voisins qui subissent les rigueurs du climat continental. Pour une excellente raison : aucun autre système n’est aussi efficace pour concilier – non seulement en hiver, mais aussi en été – économie et bien-être au sein du périmètre habitable.

En France également, l’heure est désormais au bon sens de l’isolation.
En effet, les exigences de la réglementation thermique ne cessent d’augmenter.
De plus en plus souvent, elles font du Mur Manteau la solution optimale : la RT 2012, qui imposera la  construction basse consommation dans le neuf – et plus encore la RT 2020, avec le passage aux BEPOS, les bâtiments à énergie positive – en feront tout simplement le système idéal pour atteindre le niveau de performances exigé par le législateur.
Cela vaut aussi en rénovation, où les gains énergétiques à réaliser sont souvent hors de portée des autres systèmes d’isolation. En outre, le Mur Manteau répond à tous points de vue aux impératifs du développement durable – et ce n’est pas le moindre de ses mérites.

Pourtant, il reste des préjugés à vaincre : dans le monde de la construction, nombreux sont ceux qui pensent encore que le Mur Manteau génère des surcoûts, que sa mise en œuvre est complexe, et que ses contraintes limitent les choix esthétiques. La preuve par le contraire avec le témoignage d’Abbès Tahir, associé de l’agence d’architecture Arte Charpentier.

Dans quel type de projet l’agence est- elle principalement impliquée ?
Le bâtiment tertiaire neuf représente aujourd’hui 80% de notre activité.

Arte Charpentier a joué un rôle de pionnier dans la conception en mur manteau. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Nous sommes venus à ce mode constructif il y a près de 30 ans et nous le privilégions plus que jamais.

Pourquoi ?
La possibilité de dissocier structure, isolation et parement nous laisse une grande liberté d’expression : verre, pierre, métal, tout est possible. La protection du bâti est excellente, y compris en climat chaud, où l’amplitude de déplacement des parements compense la dilatation des matériaux.

… et sous nos latitudes ?
En climat tempéré, la suppression des ponts thermiques est un argument fort – tout particulièrement au regard du Grenelle de l’environnement.

Comment voyez-vous l’évolution du mur manteau ?
J’aimerais disposer d’un matériau isolant « réversible ». Dans le tertiaire, on climatise en toute saison. L’idéal serait de protéger du froid, mais de pouvoir également accumuler de la fraîcheur. À moyen terme, il faudrait mener une réflexion innovante dans ce sens.

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