L’Europe reste sous pression
La situation européenne reste celle d’une économie soumise à de fortes pressions déflationnistes, amplifiées par la rigueur budgétaire imposée par les marchés. Certes, la nette baisse de l’euro depuis novembre dernier et le maintien d’une politique monétaire nécessairement expansionniste compensent en partie les effets de la rigueur budgétaire, en donnant notamment de l’oxygène aux entreprises exportatrices européennes. Les plans de rigueur mis en place dans la plupart des pays membres sont- ils assez ambitieux pour rassurer structurellement les marchés ? Nous en doutons.
Mais au moins, conjugués avec le plan de soutien conjoint de la BCE et du Fonds Monétaire International, sont-ils de nature à apporter un répit. Au‐delà, l’Europe demeure durablement fragilisée par un endettement public élevé dont la réduction ne sera pas facilitée par la faiblesse de ses perspectives de croissance. Aussi d’autres crises de confiance sur la dette de certains Etats membres nous semblent elles à terme inévitables.
Les Etats‐Unis enregistrent une pause de milieu de cycle, dans l’attente d’une relance des exportations
Aux Etats‐Unis, le rebond économique marque le pas. Un certain nombre d’indicateurs avancés comme la confiance des consommateurs ou l’indice ISM manufacturier ont commencé à se retourner et le marché immobilier montre des signes de faiblesse persistante (mises en chantier en baisse de plus de 30%, au plus bas du cycle entamé en 2006). Le mouvement de restockage, qui avait contribué pour 70% aux 2,7 points de croissance au premier trimestre, ralentit et est à l’origine de l’essentiel de l’inflexion conjoncturelle, inévitable à ce stade du cycle. Si l’affaiblissement de la croissance américaine est sensible, il en va différemment pour les entreprises américaines, qui continuent de profiter des effets de leur rationalisation et de leur compétitivité retrouvée à l’export. Pour autant, ébranlées par la brutalité sans précédent de la chute d’activité fin 2008, les entreprises américaines restent encore très prudentes, tant en termes de production que de créations d’emplois. Elles restent méfiantes vis‐à‐vis du consommateur américain qui, réduction de l’effet de levier oblige, ne peut plus être l’agent économique qui aidait traditionnellement les entreprises à retrouver le chemin de la croissance après une récession. Dans ce contexte, nous estimons que le facteur déclenchant pour les entreprises américaines sera la fin des politiques monétaires restrictives dans les principaux pays émergents, ce qui constituera une garantie de nouveaux débouchés pour les exportations américaines.
Le dynamisme de la Chine ne se dément pas et bénéficiera de la réappréciation du yuan
Dans l’univers émergent, les autorités chinoises ont poursuivi leur resserrement monétaire principalement mis en œuvre pour ralentir l’activité en limitant le montant des crédits accordés aux entreprises et empêcher la formation d’une bulle immobilière. Cette politique commence à produire des effets tangibles. Par ailleurs, la décision des autorités chinoises de revenir à un mécanisme de change plus souple nous a rassurés sur la capacité du pays à poursuivre sa croissance et à jouer un rôle positif majeur dans le rééquilibrage global. En effet, cette décision sur le yuan ajoutée à celle de ne pas s’opposer aux augmentations de salaires – voire à les encourager ‐ témoigne de la volonté des autorités de s’appuyer davantage sur la consommation domestique pour croître, tout en traitant la question de l’inflation.
Source : Carmignac Gestion. Perspectives économiques et stratégie d'investissement, troisième trimestre 2010
Twitter
Facebook
Flux rss