Tourisme : 36 millions de nuitées parisiennes

smaller text tool iconmedium text tool iconlarger text tool icon

Si l’on devait tirer un premier bilan de la saison touristique estivale, on peut dire que Paris renoue avec les excellents niveaux de fréquentation touristique d’avant la crise, alors que 2010 s’était  déjà annoncée sur fond de reprise


A Paris, l’année 2009 - dont on craignait le pire en raison de la crise économique mondiale - a vu sa fréquentation se fixer à 14,4 millions d’arrivées. Cette baisse de -4,2 % permet à la capitale de retrouver le niveau de 2006, année «honorable ». Dans le concert de la concurrence européenne, Paris a tenu le cap, talonnant Londres pour sa fréquentation devant quatorze autres villes européennes.
Sur fond de reprise, le scénario 2010 envisagé était celui d’un retour des visiteurs, suivi d’une hausse du RevPar (Revenu par chambre). Il s’avère en réalité plus positif, la surprise tenant à ce que tous deux se conjuguent dès le 1er semestre. Entre janvier et juin 2010, les nuitées hôtelières augmentent de 7,3 % par rapport à 2009. Le taux d’occupation moyen est de 77,8 % (+3,7 points sur 2009), le prix moyen de 145,1 € (+2,8 %) et le RevPAR de 112,9 € (+8 %). Les prix marquent une hausse de 2,8 % : Paris, tout comme Moscou, Londres et Munich, se montre confiante en la reprise.

La reprise du tourisme d’affaires contribue à cette croissance : avec 8,3 millions de nuitées entre janvier et juin 2010 (+12 % sur la même période en 2009), la fréquentation des touristes d’affaires dépasse les meilleurs niveaux enregistrés depuis 2006. Rappelons que les dépenses des touristes d’affaires dépassent de 50 % celles des touristes de loisirs.

Ces pays qui soutiennent la croissance au premier semestre
Alors que les pays occidentaux se remettent progressivement de la crise, l’oxygène nécessaire à l’industrie touristique parisienne lui vient des visiteurs français et des touristes à fort pouvoir d’achat, venus des marchés dits émergents.

Fréquentation française, un socle solide pour Paris : Paris a été soutenue par les visiteurs français, d’année en année plus assidus (37 % des arrivées en 1995, 45 % en 2009). Les nuitées hôtelières françaises ont fait un bond de 13,4 % par rapport à 2009 pour atteindre le volume, encore inégalé sur cette période, de 6,8 millions de nuitées.

Les pays émergents dopent la fréquentation : l’arrivée de visiteurs des pays émergents a dopé la fréquentation du 1er semestre 2010. Ces marchés, portés par les classes aisées, voient naître une clientèle moyenne gamme, qui accède depuis peu au tourisme international, et pour laquelle Paris est la ville mythique par excellence. Si la plupart ne figure pas dans le « Top Ten » des nationalités les plus présentes à Paris, la crise n’a pas affecté leur croissance, et leur poids dans le tourisme parisien est passé de 21 % en 2000 à 27 % en 2009. Parmi eux : la Chine (+ 33,6 % de nuitées chinoises sur les 6 premiers mois 2010) et les pays d’Asie du Sud Est, l’Inde, la Russie et les pays de l’Est de l’Europe, le Brésil et le Mexique. Sans oublier les pays du Proche et Moyen Orient, dont les nuitées ont progressé de 29,8 % au premier semestre 2010 ; très présents, ils ont anticipé leurs séjours en fonction du Ramadan.
Autre surprise : la forte présence des pays d’Afrique dont la croissance explique sans doute une fréquentation jamais atteinte, elle aussi de +29,8 %.

Concernant les marchés longs courriers « traditionnels » : la reprise amorcée dès le dernier trimestre 2009 pour les Japonais s’est confirmée en 2010 avec des nuitées en augmentation de 9,2 % sur les 6 premiers mois de 2010. Le marché américain - qui reste notre tout premier marché étranger – est en baisse de -3,4 %. Les visiteurs d’Outre-Atlantique devraient cependant nous revenir avec la baisse de la parité euro-dollar et un appétit renouvelé pour Paris.

L’Europe reste fragile : si les pays limitrophes européens figurent toujours parmi nos principaux marchés, la reprise se fait timide pour la plupart d’entre eux. La fréquentation allemande se maintient, la fréquentation belge augmente. En revanche, la croissance n’est pas au rendez-vous pour le Royaume- Uni (-10,9 %), doublement pénalisé par la crise et l’affaiblissement de la livre par rapport aux autres monnaies, dont l’euro.

2010, une très bonne année : sur les 6 premiers mois de 2010 l’augmentation des nuitées globales est de 7 % et l’on estime que la fréquentation globale sur l’année devrait avoisiner les 6 %. Si ces prévisions s’avèrent justes, 2010 se situera parmi les très bonnes années. Le nombre des nuitées avoisinera alors les 36 millions de nuitées, comme en 2007.
Tous les indicateurs sont au vert. La capitale a devant elle une belle marge de progression. En effet, la reprise tient aux marchés français et émergents dont la fréquentation devrait se maintenir, et les marchés traditionnels sont susceptibles de retrouver progressivement leurs niveaux historiques.

Paris aborde cette sortie de crise avec de nouveaux atouts
Capacité et offre hôtelières se renouvellent : pour faire face à la demande, d’ores et déjà plus de 1 200 chambres et appartements ont été inaugurés depuis 2008 (+1,5 % de la capacité en hébergements de la capitale en 2009, hors rénovations). De plus, le choix par de grands groupes hôteliers étrangers, notamment asiatiques comme Shangri-La, Mandarin Oriental, Raffles ou Peninsula, de s’installer dans la capitale, va insuffler un nouveau dynamisme à l’offre parisienne haut de gamme.

 

L'actualité en direct